Les flâneurs


Odile Tremblay

La poète punk du New York underground
Parce que la nuit de Brigitte Haentjens, sur un texte coécrit avec Dany Boudreault, est une œuvre de haute pulsation: celle de la chanteuse, performeuse, poète et auteure Patti Smith, figure phare de la contre-culture newyorkaise. Plus proche du spectacle musical que du théâtre, la pièce ne parvient pas tout à fait à remonter aux sources de la rage de cette brûlante diva et aurait pu être amputé d’une trentaine de minutes, mais les prestations des acteurs (dont celle de Céline Bonnier), la force des musiciens et le swing de cette lettre d’amour à une pasionaria des temps modernes valent vraiment le détour à l’Espace Go.


Philippe Papineau

Les médias en balado
Depuis le début du mois, le Fonds des médias du Canada s’est plongé dans le balado avec la création de Futur et médias, dont deux épisodes sont actuellement disponibles. La production vise à cerner «les tendances émergentes et les transformations qui s’opèrent dans l’industrie des médias et du divertissement». Aride ? Pas du tout. Le balado mené par l’ancienne journaliste Catherine Mathys, désormais directrice de la veille stratégique du Fonds, est limpide, accessible et instructif. Même le satané blockchain apparaît plus digeste.


Catherine Lalonde

Découvrir Manuel Vázquez Montalbán
Andrea Camilleri, ayant peu subtilement nommé son commissaire Montalbano, me fait découvrir par ricochet Manuel Vázquez Montalbán. Son détective privé, Pepe Carvalho, pousse par de larges réflexions le polar hors de ses gonds. Il révèle à quel point son créateur avait une vision claire, semblant parler de tendances bien d’aujourd’hui. Après m’être pissée dessus de rire au début des Thermes, avoir bouffé Tatouages, abandonné Le prix et cherché des excuses pour poursuivre ma lecture des Mers du sud au travail, je peux avancer que Montalbán me semble presque aussi grand que Jean-Patrick Manchette.


Amélie Gaudreau

De la difficulté de grandir à deux
Après avoir raconté le destin fabuleux et tragique de deux orphelins montréalais dans Hôtel Lonely Hearts, l’écrivaine anglophone Heather O’Neill nous refait le (beau) coup de la paire inséparable mais autodestructrice dans Mademoiselle Samedi soir. Ce récit d’apprentissage de jumeaux, frère et sœur, nés d’un chansonnier populaire mais irresponsable et d’une ado qui les a abandonnés, élevés dans un logement miteux de la Main et que l’on découvre à l’aube de leurs 20 ans et du référendum de 1995, rappelle parfois les motifs de Ducharme et d’Émile Ajar, pour le meilleur seulement. Un roman qui se prend bien, peu importe le soir.