Un nouveau rôle international pour Simon Brault

<p>À travers la Fédération, Simon Brault espère notamment faciliter la découverte de certains artistes à l’étranger.</p>
Photo: Tony Fouhse

À travers la Fédération, Simon Brault espère notamment faciliter la découverte de certains artistes à l’étranger.

Le chef de la direction du Conseil des arts du Canada, Simon Brault, a été élu à la présidence de la Fédération internationale des Conseils des arts et agences culturelles (IFACCA), dont le 8e congrès mondial se déroule cette semaine à Kuala Lumpur, en Malaisie. M. Brault devient ainsi le premier Canadien et le premier francophone à la tête de cette institution.

L’idée même de la création d’une Fédération internationale des conseils des arts a pourtant germé à Ottawa, alors que sa prédecesseure Shirley Thomson présidait le Conseil des arts du Canada. Cette Fédération a l’avantage, selon M. Brault, d’avoir des leviers plus prompts et plus légers, en matière de culture, que la grande institution internationale qu’est l’UNESCO, par exemple.

La question, c’est de savoir comment les arts vont non seulement survivre [à l’ère numérique], mais réussir à y être découverts et à y être remarqués

Au congrès de cette semaine, c’est aussi la situation de l’art à l’ère du numérique qui a particulièrement retenu l’attention des participants. À ce sujet, Simon Brault parle d’une « situation extrême de pouvoir et de contrôle », au sujet des GAFA, ces grands joueurs de l’industrie numérique, et des algorithmes dont ils tiennent les commandes.

Dans ce contexte, les travaux menés par l’UNESCO à ce sujet peuvent mettre des années à porter leurs fruits, mentionne-t-il.

« La question, c’est de savoir comment les arts vont non seulement survivre [à l’ère numérique], mais réussir à y être découverts et à y être remarqués », dit M. Brault. Il cite la remarque d’un participant au Congrès pour qui le rôle des arts et de la culture est précisément d’« attirer l’attention sur ce qui compte vraiment ».

À travers la Fédération, Simon Brault espère notamment faciliter la découverte de certains artistes à l’étranger, et favoriser les tournées et la mise sur pied de résidences. « Au-delà du financement, dit-il, nous jouons un rôle de conseiller et d’accompagnateur », dit-il.

La Fédération internationale des conseils des arts et des agences culturelles regroupe des institutions de 80 pays sur cinq continents. On y rencontre tant des représentants de conseils des arts que des délégués de ministères de la Culture, ou d’agences culturelles. « Les contextes varient énormément », dit M. Brault. Reste que, malgré cette différence de contexte d’un continent à l’autre, « les enjeux sont à peu près les mêmes partout dans le monde, dit-il. Ce sont les grands débats sur le numérique et sur la place des arts vivants et de la littérature sur le Web, les enjeux de la liberté d’expression et de tout ce qui touche l’organisation de la culture. Il y a des enjeux économiques aussi ».

Dans ce contexte, le Canada peut aussi partager son expertise, même si une formule qui fonctionne dans un pays ne fonctionne pas nécessairement dans un autre.

M. Brault souhaite aussi faciliter la formation de nouveaux leaders des industries culturelles, et donner aux jeunes accès aux grandes institutions.