Le président irakien discute de la reconstruction de Mossoul à l’UNESCO

L’emblématique mosquée Al-Nouri, quasi détruite, en juillet 2017
Photo: Felipe Dana Associated Press L’emblématique mosquée Al-Nouri, quasi détruite, en juillet 2017

Le président irakien, Barham Saleh, s’est rendu lundi à l’UNESCO pour discuter avec la directrice générale de l’organisation, Audrey Azoulay, du projet de reconstruction de Mossoul, ex-fief des djihadistes en Irak dévasté lors de la reconquête de la ville en 2017.

C’est la première fois qu’un président irakien se rendait au siège de l’UNESCO à Paris, un « symbole fort de l’engagement de l’organisation en Irak » notamment pour la reconstruction du patrimoine historique de Mossoul, deuxième ville du pays, souligne-t-on de source diplomatique à l’UNESCO

L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture a rassemblé plus de 100 millions de dollars, notamment auprès des Émirats arabes unis, premier donateur, de l’Union européenne et du Japon, pour son initiative « Faire revivre l’esprit de Mossoul ».

Ce projet ambitieux sur « cinq à dix ans », le plus important jamais porté par l’organisation, doit désormais passer à la « phase de mise en oeuvre », ce qui reste compliqué dans une cité encore encombrée de mines et de ruines, souligne-t-on à l’UNESCO. L’organisation entend aussi placer l’éducation et la culture au coeur du projet, « en pleine concertation avec le gouvernement irakien ».

« C’est seulement en réhabilitant l’héritage culturel commun et en revitalisant la vie culturelle et éducative que les Mossouliotes pourront de nouveau être acteurs du renouveau de leur pays », a déclaré Audrey Azoulay dans un communiqué.

Les populations locales seront ainsi formées aux métiers de la restauration du patrimoine historique, un élément clé pour le succès du projet, insiste-t-on à l’UNESCO

Des Irakiens ont posé en décembre la première pierre pour la reconstruction de l’emblématique mosquée Al-Nouri et de son minaret penché, où le « calife » autoproclamé du groupe djihadiste État islamique (EI), Abou Bakr al-Baghdadi, avait fait son unique apparition publique connue en 2014.

Après trois ans sous la coupe des djihadistes, Mossoul, chef-lieu de la province de Ninive, est revenue sous le contrôle du gouvernement irakien en juillet 2017 au terme d’une très violente bataille, avec l’appui aérien de la coalition internationale anti-groupe EI conduite par les États-Unis.

Barham Saleh, qui effectue une visite de deux jours en France, se rendra ensuite à l’Élysée pour un déjeuner avec son homologue Emmanuel Macron.

Cette visite intervient alors que le groupe EI est en train de perdre, dans l’est de la Syrie, l’ultime poche de l’immense territoire qu’il avait conquis en Syrie et en Irak en 2014.