Gad Elmaleh «persona non grata» au Bordel Comédie Club

Ce n’est pas la première fois que Gad Elmaleh se fait accuser de plagiat, puisque CopyComic avait déjà dénoncé en 2017 la similarité entre l'un de ses sketches et un autre de Jerry Seinfeld.
Photo: Bennett Raglin Getty Images / Agence France-Presse Ce n’est pas la première fois que Gad Elmaleh se fait accuser de plagiat, puisque CopyComic avait déjà dénoncé en 2017 la similarité entre l'un de ses sketches et un autre de Jerry Seinfeld.

Le Bordel Comédie Club a décidé de bannir l’humoriste Gad Elmaleh de sa liste d’invités, après que la chaîne CopyComic eut mis en ligne une vidéo alléguant que l’humoriste de réputation internationale copie d’autres humoristes, dont les Québécois Martin Matte et Patrick Huard. Le Bordel Comédie Club a déjà présenté un spectacle de Gad Elmaleh.

Pour Charles Deschamps, l’un des propriétaires du Bordel, il s’agit d’une façon symbolique de démontrer qu’une superstar comme Gad Elmaleh ne « peut partir comme si de rien n’était avec des gags » entendus sur d’autres scènes. « Un jeune humoriste peut vouloir garder ces gags-là pour les faire plus tard », explique Deschamps. « C’est Mike Ward [autre copropriétaire du Bordel] qui a décidé de ne plus recevoir Gad Elmaleh », dit-il.

La compilation diffusée par CopyComic et intitulée « Coïncidence ? ou Plagiat ? » met en opposition des numéros présentés par Gad Elmaleh et des sketches présentés auparavant par des humoristes divers, de l’Américain George Carlin, en 1992, à Martin Matte en 2000, en passant par Dany Boon en 1998, Dieudonné en 2005, Steven Wright en 1986, Titoff en 2001 ou Jerry Seinfeld en 1986. Certains de ces gags, poursuit Deschamps, ont été joués par Gad Elmaleh sur Netflix en 2018. Gad Elmaleh, qui a une triple nationalité canadienne, française et marocaine, n’a pas répondu mardi à ces allégations.

Récidiviste

Ça n’est d’ailleurs pas la première fois que Gad Elmaleh se fait accuser de plagiat, puisque CopyComic avait déjà dénoncé en 2017 la similarité entre un sketch de Gad Elmaleh et un autre de Seinfeld. L’humoriste s’en était alors tiré en disant que Seinfeld était son idole. Rappelons par ailleurs que Gad Elmaleh a présenté un spectacle avec Seinfeld au centre Bell en 2017. Et ça n’est sans doute pas non plus la dernière allégation de plagiat, puisque CopyComic promet de mettre en ligne une seconde compilation le mettant en cause en février. Entre-temps, Gad Elmaleh doit recevoir un globe d’honneur pour l’ensemble de sa carrière le 4 février, à la cérémonie française des Globes de cristal.

« Qui veut s’attaquer à un multimillionnaire ? » demande Charles Deschamps en parlant de Gad Elmaleh. Les humoristes québécois mis en cause dans la vidéo de CopyComic, Martin Matte et Patrick Huard, n’ont d’ailleurs pas répondu aux appels du Devoir. « Gad Elmaleh a les moyens, il peut engager des auteurs », poursuit Deschamps.

Pour Louise Richer, directrice de l’École nationale de l’humour à Montréal, le plagiat est une pratique inacceptable, qui est passible du renvoi de l’école si elle est pratiquée par un élève. Les étudiants de l’École nationale de l’humour ont une vaste connaissance de l’humour qui circule à travers le monde, mais la conception du show solo, avec ce que cela implique de singularité, d’originalité, et de voix, a elle aussi évolué. Depuis l’avènement d’Internet et des vidéos circulant sur YouTube, le plagiat est plus facile à déceler, dit Mme Richer.

M. Deschamps ajoute que dans les années 2000, il a été démontré que des humoristes français faisaient leurs choux gras de gags puisés dans le répertoire américain. La chaîne CopyComic s’est depuis spécialisée dans la dénonciation de cette forme de plagiat.