Cinéma: la parité s’installe à la SODEC

Le projet «Souterrain» de Sophie Dupuis fait partie des 23 longs métrages de fiction soutenus par la SODEC dans le cadre de son programme d’aide à la production.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Le projet «Souterrain» de Sophie Dupuis fait partie des 23 longs métrages de fiction soutenus par la SODEC dans le cadre de son programme d’aide à la production.

Les efforts faits par la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC) pour atteindre la parité dans les projets cinématographiques semblent porter leurs fruits. De nouvelles statistiques dévoilées mardi montrent des augmentations notables du pourcentage de projets déposés par des femmes — et surtout, de projets « acceptés ».

En 2018, la moitié (49 %, plus précisément) des projets déposés pour obtenir de l’aide à la production de longs métrages de fiction ont ainsi été étiquetés comme étant des « projets de femmes » : c’est-à-dire que le scénario ou la réalisation de ces films est assuré par une femme. La même proportion est observée dans les projets acceptés : 48 % de ceux-ci ont des femmes comme scénariste ou réalisatrice (11 films sur 23).

La tendance est encore plus forte en documentaire. Les trois quarts des projets présentés en 2018 avaient une femme scénariste… de même que 74 % des projets qui seront financés. D’autres chiffres partiels montrent que pour le plus récent dépôt en scénarisation, on comptait 49 % de projets de femmes, et 56 % des projets acceptés étaient dans la même catégorie.

« On est en bonne voie, on est dans la zone paritaire », a soutenu la p.-d.g. de la SODEC, Louise Lantagne, lors d’une discussion publique qui se tenait mercredi matin. Elle a fait mention de ces chiffres, que Le Devoir a validés par la suite. La SODEC prévoit de dévoiler plus officiellement ces statistiques la semaine prochaine.

L’organisme avait déjà noté une amélioration de la situation en février 2018, un an après le lancement d’un plan d’action pour atteindre la parité d’ici 2020. La SODEC a notamment adopté la « mesure du 1 + 1 » : pour qu’une entreprise puisse déposer deux projets de longs métrages de fiction, un de ceux-ci doit nécessairement être scénarisé ou réalisé par une femme.

Cette règle du « 1 +1 » se voulait un « petit électrochoc » pour forcer le milieu à faire des efforts de recrutement, disait-on ouvertement. Le nombre de projets de femmes est alors passé de 31 % (statistique moyenne des cinq années précédentes) à 41 % dans la première année d’implantation du plan.

Téléfilm aussi

Présente au même événement, la d.g. de Téléfilm Canada, Christa Dickenson, a souligné que le même objectif (atteindre la parité dans le financement d’ici 2020) est également sur la bonne voie au sein de l’organisme qu’elle dirige depuis juin dernier.

Téléfilm relève ainsi qu’en 2017-2018, 44 % des projets présentés avaient une femme comme réalisatrice ; 46 % avaient une scénariste ; et 48 % une productrice.

Par contre, on remarque que ces projets accaparent une portion moins importantes du total des investissements. Les projets de réalisatrices ont reçu 25 % du financement, ceux de scénaristes femmes, 29 %, et ceux émanant de productrices, 36 %. Ces données avaient déjà été dévoilées à l’été.

L’Office national du film (ONF), qui a lui aussi un plan pour atteindre la parité d’ici l’an prochain, notait de la même façon l’an dernier que les effets de ses efforts se font sentir : en 2017-2018, 47 % des oeuvres réalisées l’ont été par des femmes, et 46 % des sommes dépensées en production ont été affectées à des oeuvres signées par des femmes.

 
 

Une version précédente de cet article, qui affirmait que 25% des projets financés par Téléfilm Canada comptaient sur une réalisatrice, a été corrigée.