Auteure ou autrice?

L’agence Mots-Clés, qui organise la dictée pour la deuxième fois, propose sur son site un manuel d’écriture inclusive.
Photo: Frederick Florin Agence France-Presse L’agence Mots-Clés, qui organise la dictée pour la deuxième fois, propose sur son site un manuel d’écriture inclusive.

Bernard Pivot fait des émules… féministes : une dictée d’écriture inclusive se tiendra le 10 janvier à Paris pour faire progresser l’égalité entre les femmes et les hommes, sans prêter le flanc à la caricature, selon ses concepteurs.

« Nous proposons aux participants de transformer un texte en écriture inclusive, sans tomber dans la caricature qui consisterait à ajouter des points partout », explique Chloé Sebagh, chef de projet à l’agence de communication Mots-Clés.

Photo: Thomas Samson Agence France-Presse Pascale Clark

Les contempteurs de l’écriture inclusive lui reprochent principalement d’alourdir la lecture, en ajoutant à la racine du mot son suffixe masculin, suivi du fameux « point milieu » ou « point médian » et du suffixe féminin, comme dans ambassadeur·rice·s par exemple.

« On peut avoir une ou deux occurrences du point médian, mais il ne s’agit pas d’en cribler le texte », ajoute Chloé Sebagh.

L’agence Mots-Clés, qui organise la dictée pour la deuxième fois, propose sur son site un manuel d’écriture inclusive, basé notamment sur le Guide pratique pour une communication publique sans stéréotypes de sexe du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes.

Lors de la dictée sera dévoilé un nouveau référentiel, mis au point avec Éliane Viennot, auteure de Non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin ! et tout récemment de l’ouvrage Le langage inclusif, pourquoi, comment aux éditions iXe. Les règles de base : accorder les fonctions, grades, métiers et titres, ou encore éviter d’utiliser un masculin « générique ».

On peut soit énumérer les termes au féminin et au masculin par ordre alphabétique (« tous les Acadiens, toutes les Acadiennes »), soit utiliser le point milieu (acteur·rice·s), soit recourir à des termes identiques au masculin et au féminin, dits « épicènes » comme membre, cadre, artiste…

Pour ceux que cette petite gymnastique tente, il faut s’inscrire sur le site Internet de l’agence Mots-Clés, pour un nombre de places limité à 80.

La première dictée, en 2017, énoncée par la journaliste Audrey Pulvar, portait sur un texte de Françoise Giroud de 1965 dans L’Express. Cette fois, c’est l’animatrice de radio Pascale Clark qui dictera un texte gardé secret, seul point commun avec l’exercice lancé il y a des années par l’animateur d’émission littéraire Bernard Pivot.

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