Journalisme - Christophe Ayad, lauréat du 66e prix Albert-Londres

Pékin — Le 66e prix Albert-Londres de la presse écrite a été attribué hier à Pékin à Christophe Ayad, journaliste à Libération, tandis que le 20e prix Albert-Londres de l'audiovisuel a été décerné au Cambodgien Rithy Panh.

Christophe Ayad, 35 ans, a été récompensé pour ses reportages sur l'Irak, Dubaï, le Rwanda et la culture.

Entré à Libération en 1990, Christophe Ayad y est reporter au service étranger. Il a été correspondant du quotidien au Caire de 1994 à 1999.

Le cinéaste Rithy Panh a été primé pour son documentaire sur le génocide cambodgien, S21, la machine de la mort khmère rouge. Sorti en salles en France en février dernier, le film avait été présenté au festival de Cannes en 2003 puis diffusé sur Arte.

Les prix 2004 ont été remis à l'ambassade de France en Chine, en présence de représentants du ministère chinois des Affaires étrangères, de celui de la Propagande, de journalistes chinois ainsi que d'étudiants en journalisme de Pékin.

Depuis plusieurs années, le jury du prix Albert-Londres a décidé de suivre les pas du journaliste écrivain qui a notamment passé une partie de sa vie en Chine à partir de 1925, a rappelé le président du jury, Henri Amouroux.

Le prix a ainsi déjà été remis à Cayenne ou à Moscou.

La Chine fut le thème de son dernier reportage qui ne parut jamais puisque Albert Londres périt en revenant de Shanghaï dans l'incendie d'un paquebot survenu dans l'Océan Indien, en 1932.

Devant la polémique qui pourrait naître de l'opportunité d'attribuer une telle récompense dans un pays accusé de bafouer la liberté de la presse et d'emprisonner des journalistes, le jury a estimé nécessaire d'«aller voir pour témoigner», respectant la conception du journalisme selon Albert Londres.

En recevant son prix, Christophe Ayad a rendu hommage à Jean Hélène, correspondant de Radio France international en Côte d'Ivoire, assassiné le 21 octobre dernier à Abidjan, et aussi aux journalistes emprisonnés dans le monde, «dans ce pays [la Chine] hélas aussi».