France - Raffarin demande de nouvelles négociations pour les intermittents

Paris — À quelques heures de l'ouverture du festival international du cinéma de Cannes, le premier ministre français Jean-Pierre Raffarin a demandé hier une reprise des discussions sur la réforme du système d'assurance chômage des professionnels du spectacle, vivement contestée par ces derniers.

Dans une lettre, communiquée hier par son service de presse, le chef du gouvernement demande à l'Unedic, organisme paritaire patronat-syndicat gérant le système d'indemnisation chômage, que «des discussions soient engagées» entre l'État et tous les partenaires concernés sur l'avenir du régime spécifique des intermittents, artistes et techniciens précaires du spectacle.

Il demande en particulier de «bien vouloir prendre les dispositions les plus favorables possibles à l'égard des femmes enceintes».

La réforme du système d'indemnisation des professionnels du spectacle à statut précaire, adoptée en juin dernier par l'Unedic, a eu pour effet d'exclure du système 18 000 personnes en 2004, dont les femmes enceintes.

«Un retour aux pratiques antérieures assimilant à des périodes d'activité le congé maternité me paraît vivement souhaitable», insiste M. Raffarin.

«Le gouvernement est attaché à la survie, au sein de la solidarité interprofessionnelle, d'un régime d'indemnisation du chômage qui assure une protection adaptée aux spécificités et contraintes des professions du spectacle vivant, du cinéma et de l'audiovisuel leur permettant ainsi de contribuer à la vitalité culturelle de la France», ajoute le premier ministre.

Cette lettre du premier ministre tranche avec les propos qu'il avait tenus la semaine dernière où il se refusait à remettre en cause la réforme de l'Unedic et avait mis en garde contre une «prise en otages» des festivals par les intermittents en colère.