Cadeaux culturels: les trésors cachés

Jérôme Delgado Collaboration spéciale
Vue de l’exposition-­bénéfice «Achète de l’art», présentée à Diagonale jusqu’au 8 décembre 2018.
Photo: Diagonale Vue de l’exposition-­bénéfice «Achète de l’art», présentée à Diagonale jusqu’au 8 décembre 2018.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Les rues de Montréal regorgent d’adresses culturelles. Parmi elles, plusieurs sont aussi des arrêts à privilégier pour dénicher des cadeaux qui plairont aux petits et grands amateurs d’art et de culture. Pourquoi ne pas joindre l’utile à l’agréable ? Le Devoir s’est amusé à dessiner trois parcours d’emplettes culturelles, dans trois quartiers montréalais différents. Enfilez vos bottes et suivez le guide !

Parcours centre-ville

On vous suggère de commencer ce parcours à la station de métro Berri-UQAM pour une raison bien logique : on y retrouve, dans un rayon assez restreint, trois lieux forts en cadeaux, disons, culturels. Et même pas besoin de mettre le nez dehors. Si vous êtes un usager du métro, vous connaissez sans doute Le Parchemin (505, rue Sainte-Catherine Est), librairie-boutique-papeterie, etc. puisqu’elle frôle les tourniquets de la station Berri. La littérature, notamment québécoise, a une belle place ici.

C’est vers la Grande Bibliothèque qu’on vous pousse davantage à aller. On y a ouvert cet automne une boutique bien raffinée. Elle porte la griffe du designer Jean-Claude Poitras, qui a choisi, en tant que « directeur artistique », tous les produits dérivés des documents de BAnQ. De la Boutique, on peut repartir avec des produits utilitaires ou décoratifs pour moins de 50 $. Une reproduction de la « Carte du cours du fleuve Saint-Laurent », gravée en 1761 par le grand cartographe Jacques Nicolas Bellin, ou une illustration tirée de La cuisine raisonnée, ouvrage de la congrégation de Notre-Dame de Montréal de 1943… c’est juste à BAnQ qu’on les trouve.

Rendez-vous sur la Sainte-Cath’ et marchez vers l’ouest. Passé la rue Saint-Denis, l’immense devanture de la succursale DeSerres (334, rue Sainte-Catherine Est), la boutique qui « prône l’originalité, l’audace et la débrouillardise », ne peut que vous taper dans l’œil.

Après ces premiers coups de magasinage, une pause café s’impose, d’autant plus que le théâtre Sainte-Catherine (264, rue Sainte-Catherine Est) surgit devant vous. L’endroit possède un petit espace galerie, quelques objets décoratifs plutôt étranges et, surtout, comme son nom l’indique, une scène, à usages multiples. Les lundis, par exemple, sont consacrés à l’impro, les ateliers gratuits précédant les spectacles payants. Un forfait qui s’offre bien en cadeau.

Pour le billet-cadeau à mettre sous le sapin, c’est à La Vitrine (2, rue Sainte-Catherine Est) qu’il faut se rendre. Ça tombe bien, elle est à peine à 350 mètres du théâtre Sainte-Catherine. Ce guichet central vend l’ensemble de l’offre culturelle du Grand Montréal.

C’est l’objet inusité, la chose unique que vous cherchez à offrir ? La Société des arts technologiques (SAT au 1201, boulevard Saint-Laurent), à quelques pas au sud de La Vitrine, vous attend. À compter de mercredi, et pour cinq jours d’un bazar tenu « dans une ambiance colorée », le traditionnel Souk à SAT rassemble une multitude de « créations contemporaines montréalaises ». L’entrée est gratuite, mais attention de ne pas abuser et de prendre la sortie les poches vides. C’est un risque, soyez avertis.

Revenez sur la rue Sainte-Catherine et poursuivez vers l’ouest. La discrète boutique du Musée d’art contemporain (MAC au 185, rue Sainte-Catherine Ouest) vous surprendra sans doute par son offre de bibelots ou de livres dérivés de ses expositions. Il n’y a pas que ça cependant. Vous y trouverez notamment une bonne sélection de bijoux créés par des designers québécois.

Le monde de l’art contemporain ne produit pas que des œuvres hors de prix. Le centre d’artistes Arprim (372, rue Sainte-Catherine Ouest), spécialisé dans la diffusion des arts imprimés, tient un petit espace baptisé Le Magasin. On trouve là des œuvres à moins de 100 $, sous la forme d’affiches et de tirages de type microédition, mais aussi des fanzines, des livres d’artistes et divers objets artisanaux comme le macaron ou le t-shirt.

Parcours Mile-End

« Achète de l’art » : c’est par ces mots que commence le parcours dans le Mile-End, cœur artistique de Montréal. Achète de l’art, c’est le titre de l’exposition-bénéfice du centre Diagonale (5455, avenue de Gaspé), situé dans le Pôle de Gaspé. Les œuvres de vingt-cinq artistes affichent une large palette de prix, entre 20$ et 2500 $. Profitez-en pour affiner votre œil.

À l’arrêt suivant, on plonge dans une tout autre galerie. Monastiraki (5478, boulevard Saint-Laurent), sorte de marché aux puces porté sur le vintage artistique, propose, comme le quartier d’Athènes qui lui a donné son nom, des objets tirés d’époques révolues. Le « petit monastère » fête quand même ses vingt ans et les souligne avec l’édition d’une affiche originale à tirage limité, vendue à 40 $.

Photo: Diagonale Vue de l’exposition-bénéfice «Achète de l’art», présentée à Diagonale jusqu’au 8 décembre 2018. Œuvre: Sayeh Sarfaraz, série : «La carte commune», 2013.

Marchez sur le boulevard Saint-Laurent et dépassez la rue Fairmount. Ça vaut la peine de découvrir le tout beau Cinéma Moderne tout neuf (5150, boulevard Saint-Laurent). Le café-bistro est certes petit, mais sympa. Et sa programmation vaste et éclectique, portée par la nécessité de diffuser des films peu vus ailleurs.

Revenez sur vos pas. Lorsqu’on cherche un objet délicat fait main à offrir, c’est Au papier japonais (24, avenue Fairmount Ouest) qu’il faut se rendre. On n’y vend pas seulement du papier washi, des livres sur la cérémonie du thé et tout un pan de la culture japonaise. On y tient aussi des ateliers. Pensez à l’offrir comme cadeau.

Vous n’avez pas pris de café au Cinéma Moderne ? Tant mieux, parce qu’il est impossible d’ignorer la présence du Caffè Grazie Mille (58, avenue Fairmount Ouest). Ce café italien offre non seulement la qualité, il la partage. C’est une des quelques adresses à Montréal qui permettent aux clients d’acheter un café qui sera offert à celui qui ne peut se le payer. C’est le principe du « café en attente ».

À quelque 250 mètres du Caffè Grazie Mille, deux commerces bien distincts qui se font face méritent votre attention de chercheur de cadeaux. L’atelier-boutique Tresnormale (207, avenue Fairmount Ouest) confectionne des t-shirts plutôt originaux à partir de portraits de poètes et philosophes ou de photos de Montréal ou de Toronto. Le resto La Tamalera (226, avenue Fairmount Ouest), « de la haute cuisine de rue mexicaine », convie, oui, à des saveurs et à des odeurs exotiques, mais propose aussi un petit étal d’artisanat mexicain.

Si le parcours a débuté dans un centre d’artistes, il peut se terminer dans un autre. Le centre Articule (262, avenue Fairmount Ouest), l’un des rares ouverts le dimanche, possède une petite boutique qui conclut bien l’expo en cours. On y trouve t-shirts, livres, affiches, mais aussi des éditions de la revue HB, une publication consacrée au dessin ou, comme elle est définie, « une galerie sur papier ». Qui s’emballe bien.

Parcours La Petite-Patrie

Le troisième parcours, peut-être le plus long, vous propose des arrêts dans des commerces fort diversifiés. Autant que les rues empruntées, Rosemont, Saint-Hubert, Bellechasse, Saint-Laurent…

Le resto Ô deux sœurs (780, boulevard Rosemont) est un petit havre de paix où il fait bon se ressourcer. Même que la petite épicerie qui accompagne la salle à manger pourrait dépanner pour un petit cadeau alimentaire. Puis, ici aussi, on peut acheter des cafés en attente (ou des soupes, ou des sandwichs). Pensez-y, ça fera du bien à quelqu’un.

Depuis plus de quinze ans, la galerie Art Mûr (5826, rue Saint-Hubert) tient place de phare de l’art contemporain dans La Petite-Patrie. Ses nombreuses salles d’exposition ont de quoi impressionner. Sachez cependant que la galerie offre aussi un service d’encadrement cinq étoiles. Prenez-vous à temps pour Noël.

Située presque en face d’Art Mûr, le Studio 9 Bandes dessinées (5835, rue Saint-Hubert) tient dans un local un peu brouillon, digne d’un dépanneur. Peu importe, puisqu’ici, les amateurs de bédés et de comics sauront trouver leur chemin. Et le bonheur, tant les murs et étagères sont garnis.

Un coin de rue plus loin, à l’orée de la Plaza Saint-Hubert, résisterez-vous à l’incontournable référence en photo et vidéo ? Lozeau (6229, rue Saint-Hubert), c’est plus qu’une boutique, c’est aussi un laboratoire et un centre de formation. Temps ou argent vous manquent ? Gardez « le monde d’image » pour une autre fois et marchez sur la rue Bellechasse, vers l’ouest. Si vous ne vous êtes pas arrêté dans un des cafés de la rue Saint-Hubert, pensez à le faire au Café les Oubliettes (6201, rue de Saint-Vallier). L’ambiance familiale et le décor très axé sur l’art – il y a des origamis partout – apaisent grandement.

Après une pause, une petite marche. Nous voici sur le boulevard Saint-Laurent. Rendez-vous à l’angle de la rue Beaubien ; c’est là que se terre désormais le disquaire La fin du vinyle (6442, boulevard Saint-Laurent). L’ère de la musique matérielle n’est pas tout à fait terminée tant que des commerces comme celui-ci survivent. La philosophie d’échange de La fin du vinyle, ses samedis Explorasillons (un client qui devient DJ), son comptoir café le rendront, souhaitons-le, immortel.

Le prochain arrêt est à quelque 10 minutes de marche. Au centre Never Apart (7049, rue Saint-Urbain), l’art est porté par une mission sociale, celle de rendre la planète plus juste et plus saine. Dans un décor industriel et autour de vastes galeries, un magasin propose des objets empreints des luttes LGBTQ, comme un album à colorier. Notez cependant que l’endroit n’ouvre que les samedis.

Pour finir… un dépanneur. Pas n’importe lequel : le Pick Up (7032, rue Waverly). Il dépanne, oui, mais offre aussi à boire et à manger. Et vend aussi des créations locales : zines, t-shirts, sérigraphies, vins artisanaux et autres produits à déguster.