Les arts de la scène en attente des nouveaux programmes d’aide

Les retombées économiques du CINARS étaient en hausse au fil des dernières éditions.
Photo: Savitri Bastiani CINARS Les retombées économiques du CINARS étaient en hausse au fil des dernières éditions.

Les affaires sont en progression dans le domaine de l’exportation des arts de la scène au pays, mais les diverses compagnies et organisations artistiques restent dans l’attente de l’implantation ou du dévoilement de nouveaux programmes d’aide, explique Alain Paré, le p.-d.g. de la biennale CINARS.

« Contrairement à ce qu’on peut penser, ça va très bien », raconte le patron de la Conférence internationale des arts de la scène, le CINARS, dont la 18e édition prendra son envol mardi à Montréal. Selon M. Paré, l’époque de vaches maigres qui a suivi l’abolition par le gouvernement Harper des programmes d’aide à la tournée semble bel et bien derrière nous.

Les retombées économiques du CINARS sont en hausse au fil des dernières éditions, dit le p.-d.g. Elles étaient de 14 millions de dollars pour 2016, « et j’ose croire qu’on va dépasser les 15 millions et plus » cette année.

Stratégie

Reste que la concurrence internationale est forte, rappelle Alain Paré, qui voit ainsi les Britanniques, les Français, les Australiens et les Allemands avoir une « présence forte » sur les scènes du monde.

Le succès à l’étranger des spectacles canadiens de danse, de théâtre, de musique de cirque et d’arts multidisciplinaires « va dépendre un peu du politique, de ce qu’on va mettre en place comme programme de stratégie internationale ».

En juin déjà, Patrimoine canadien a mis sur place une stratégie d’exportation pour les industries créatives canadiennes, dont fait partie le programme « Exportation créative Canada », doté d’une enveloppe de 7 millions par année. Sauf que ces budgets seront disponibles à partir d’avril prochain, précise M. Paré.

« On aime bien répéter Canada is back, et toutes les ambassades canadiennes sont en train de réembaucher des conseillers culturels, dit le patron de CINARS. Mais ils sont aussi nouveaux, et ils doivent apprendre leur métier. Ces gens-là vont être efficaces à partir de 2019-2020, ils sont en place depuis cet été ou ce printemps, on est en contact avec eux. C’est tout un processus. Avec l’ancien gouvernement Harper, on a tué le réseau, ce qui fait que tout est à refaire, à rebâtir. »

On aime bien répéter Canada is back, et toutes les ambassades canadiennes sont en train de réembaucher des conseillers culturels. Mais ils sont aussi nouveaux, et ils doivent apprendre leur métier.

Outre le fédéral, le Conseil des arts du Canada devrait annoncer sa nouvelle stratégie internationale dans les prochains mois, alors que les intentions du nouveau gouvernement caquiste à Québec restent imprécises. « C’est là qu’il y a une attente, on risque d’avoir des mauvaises surprises, dit Alain Paré. On ne le souhaite pas, ça ne semble pas le cas en ce moment, mais on va en savoir un peu plus long dans le budget de 2019-2020, en avril prochain. »

Selon Alain Paré, c’est vers l’Asie que les yeux des créateurs québécois et canadiens doivent se tourner. Déjà, son organisation a consacré beaucoup d’énergie et d’argent à l’exploration de ce territoire, particulièrement au Japon, en Chine et en Corée du Sud. « Il y a des structures, du financement pour les cachets », explique-t-il.

Coproduction et réciprocité

Selon le p.-d.g. de CINARS, il faut miser avec ces marchés sur la coproduction, les échanges et la réciprocité. « L’exportation passe souvent par l’importation de produits étrangers sur notre marché à nous. On n’accueille pas énormément d’artistes étrangers et on est critiqués par rapport à ça. »

Sauf que la réalité du pays fait que le marché local est déjà trop petit pour la production d’ici, estime-t-il, en plus d’ajouter que la petite population canadienne répartie sur un vaste territoire figure toujours parmi les enjeux difficiles à contourner.

Tout de même, CINARS recevra à Montréal plusieurs délégués asiatiques, qui viendront voir et peut-être acheter des spectacles de créateurs d’ici. « On a une trentaine de diffuseurs ou programmateurs chinois, une vingtaine de Coréens et une quinzaine de Japonais », précise M. Paré.

Au total, ils seront presque 2000 délégués internationaux à visiter le CINARS, soit plus de 300 de plus que lors de la précédente édition.