Les flâneurs

Des reporters boulimiques de culture partagent leur coup de cœur de la semaine.
Illustration: Le Devoir Des reporters boulimiques de culture partagent leur coup de cœur de la semaine.
Odile Tremblay

Tableau de maître
Une photo m’a frappée par sa beauté à l’expo du World Press Photo du Marché Bonsecours. Earth Kiln du photographe chinois Li Huaifeng. On dirait un tableau de maître flamand. L’éclairage venu des fenêtres, les meubles, les coussins, le tapis, le chien et les objets du quotidien semblent finement peints. Deux frères qui vivent dans une habitation traditionnelle, identique à celles d’il y a 2000 ans, paraissent figés dans le passé, n’eût été le petit ordinateur qui les relie au monde. Et cette dérive temporelle coupe le souffle.


Caroline Montpetit

Scintillants livres d’heures
On les acquérait comme on achète des parures. Ils scintillent d’ailleurs comme des bijoux. Finement enluminés, les livres d’heures, ces livres de prières privées issus du Moyen Âge et de la Renaissance, sont des œuvres d’art. L’exposition Resplendissantes enluminures. Livres d’heures des XIIIe et XVIe siècles dans les collections du Québec, présentée au Musée des beaux-arts de Montréal, en présente une sélection, enfin tirée de l’oubli. Sur les pages anciennes, en marge des prières, les scènes bibliques y côtoient les représentations ludiques, les bêtes fantastiques et les manifestations grotesques, tracées avec soin par d’éminents artistes d’époque.


Stéphane Baillargeon

Chasseurs de nazis
Voici un autre balado de chevet proposé par France Culture. La série Chasseurs de nazis se déploie sur 40 épisodes de 10 minutes chacun pour composer la fabuleuse histoire de la traque des criminels de guerre de 1945 à aujourd’hui. Le panorama de Michel Pomarède et Jean-Philippe Navarre va de Paris à Jérusalem, de Washington à l’Allemagne contemporaine. Les portraits des bourreaux accompagnent ceux des justiciers qui ont souvent consacré leur vie à les retrouver. La série historique constitue aussi un parfait complément aux films récents, le documentaire The Accountant of Auschwitz et Opération finale, sur la capture du SS Adolf Eichmann.


Amélie Gaudreau

L’urgence de dire
Après son J’accuse (2015), un texte tout en monologues féminins qui dérangent et émeuvent, la dramaturge Annick Lefebvre continue dans même veine avec Les barbelés, un solo porté superbement par Marie-Ève Milot, sur une mise en scène angoissante de Alexia Bürger. On ne sort pas complètement indemne de cette logorrhée enlevante d’un personnage dans l’urgence de tout dire : ce qui le travaille, le torture, l’anéantit, l’éteint, avant qu’il ne soit trop tard… Au théâtre de Quat’Sous, jusqu’au 26 septembre.