Le Centre d’histoire déménage et change de nom

Des comédiens ont réalisé une prestation pour parler de personnages marquants de notre histoire lors du point de presse donné en présence de la mairesse de Montréal, Valérie Plante.
Photo: Marie-France Coallier Le devoir Des comédiens ont réalisé une prestation pour parler de personnages marquants de notre histoire lors du point de presse donné en présence de la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

Le Centre d’histoire de Montréal déménagera au coeur du centre-ville, à l’angle du boulevard Saint-Laurent et de la rue Sainte-Catherine, en 2021. Il changera aussi d’identité et s’appellera désormais le MEM, pour Mémoire des Montréalais. Le Centre d’histoire de Montréal, qui était situé jusqu’à maintenant dans l’ancienne caserne de pompiers place d’Youville, dans le Vieux-Montréal, occupera donc désormais un espace locatif, au loyer de 1,6 million par année. C’est la mairesse de Montréal, Valérie Plante, qui en a fait l’annonce lundi.

Le MEM, dans sa nouvelle forme, insistera davantage sur la participation citoyenne et sur l’interactivité. On mettra l’accent, encore plus particulièrement, sur la diversité montréalaise.

En conférence de presse lundi, Christine Gosselin, la responsable de la culture, du patrimoine et du design à la Ville de Montréal, a d’ailleurs précisé que le Centre d’histoire de Montréal, malgré ses 35 ans d’existence, s’intéresse tout particulièrement à l’histoire contemporaine, par opposition au Musée Pointe-à-Callière, qui plonge franchement dans les racines de l’histoire de Montréal.

Mme Gosselin précisait d’ailleurs qu’un étage du nouveau bâtiment du MEM serait occupé par des bureaux du ministère de l’Immigration du Québec.

Le Centre d’histoire travaille en réseau avec les différentes sociétés d’histoire pour bâtir des expositions. Le nouveau MEM devrait également bâtir des partenariats avec d’autres acteurs du Quartier des spectacles, dont les festivals, pour offrir à la fois des espaces et une grande variété d’expositions, a fait valoir Jean-François Leclerc, le directeur du Centre d’histoire de Montréal. Le nouveau musée disposera d’ailleurs d’un grand hall qui servira d’espace citoyen.

«Un lieu d’expérimentation »

Le MEM hébergera « quatre halls d’exposition, un café, une salle de diffusion, un studio de captation de témoignages, une place publique et des technologies de diffusion et d’interactions numériques », précise la Ville de Montréal dans un communiqué.

La Ville de Montréal veut faire de ce musée « un lieu d’expérimentation, un lieu de savoir et d’échanges bien ancré dans son époque et où les enjeux montréalais seront discutés et débattus », a dit Mme Gosselin.

Le Centre d’histoire de Montréal, qui est un musée municipal, demeurera donc dans sa forme actuelle jusqu’en 2019. Puis, durant la période des travaux, il se transformera en musée itinérant, ou en Mémoire des Montréalais (MEM) mobile, pour continuer d’offrir des services, notamment aux groupes scolaires. C’est en 2021 qu’il devrait normalement ouvrir ses nouvelles portes.

Dès le 29 août 2018, un concours pluridisciplinaire sera lancé pour former une équipe « responsable de la création des expositions inaugurales et de l’aménagement des espaces citoyens et de diffusion du MEM ». L’équipe lauréate sera connue au début de 2019.

La mairesse a tenu à préciser en conférence de presse que cette annonce ne survient pas en opposition avec le projet de construction d’un nouvel édifice pour le Musée McCord. On sait que le McCord a dû récemment renoncer à construire ce nouvel édifice sur un terrain de stationnement du Quartier des spectacles, où l’équipe de Valérie Plante a plutôt décidé d’aménager un parc.

Or, les espaces disponibles au centre-ville de Montréal sont rares, et il faut faire preuve de créativité pour s’y faire une place, a relevé la mairesse. Des discussions se poursuivent cependant entre la Ville de Montréal et le Musée McCord pour la relocalisation du musée.

« Il est tout à fait possible que le nouvel édifice du McCord soit dans le Quartier des spectacles », a dit Mme Gosselin.

Il n’est pas impossible non plus que ce soit le Musée Pointe-à-Callière qui investisse l’ancienne caserne de pompiers désertée par le centre d’histoire de Montréal. Cette caserne, a reconnu hier Valérie Plante, est située juste au-dessus de l’égout collecteur, dont le musée a ouvert un tronçon l’an dernier. Mais la décision à cet égard n’est pas encore prise, a-t-on précisé, et d’autres projets sont en lice pour occuper le magnifique bâtiment de l’ancienne caserne.

Les prochaines années verront donc un certain remue-ménage dans le monde des musées montréalais.

Le Musée d’art contemporain de Montréal, situé à quelques pâtés de maisons du futur MEM, subira lui aussi d’importantes rénovations. Ses expositions devront donc être présentées dans différents lieux pendant les travaux.