Les flâneurs

Des reporters boulimiques de culture partagent leur coup de cœur de la semaine.
Image: Le Devoir Des reporters boulimiques de culture partagent leur coup de cœur de la semaine.
Odile Tremblay

Isabelle Huppert, tous pleurs gelés
Il fallait beaucoup de sensibilité et la faculté de plonger en eau trouble pour saisir la figure fuyante, dure et perverse de l’actrice française Isabelle Huppert. La critique de cinéma Murielle Joudet, dans un essai publié chez Capricci, Isabelle Huppert. Vivre ne nous regarde pas, parvient à remonter le fil de cette impressionnante carrière, aux couleurs d’une quête tragique et salvatrice de monstruosité. « Tout plutôt que la tiédeur », semblait proclamer la rousse interprète de Violette Nozière, de La pianiste et de Elle, hors d’atteinte de la tendresse humaine, au bord du gouffre, un fin sourire aux lèvres, tous pleurs gelés. Un ouvrage de finesse, presque de dentellière…


Louise-Maude Rioux Soucy

Papa a encore et toujours raison
Le regard affectueux et un brin malicieux que porte le bédéiste Guy Delisle sur la paternité ne prend pas de rides. On plonge dans le tome 4 de son Guide du mauvais père tout fraîchement sorti des presses avec le même plaisir ému. Il y a sous les farces et les traits d’esprit de l’auteur des Chroniques birmanes et de S’enfuir, récit d’un otage une vérité qui rappelle de manière remarquable celle régissant nos rapports complexes à la parentalité. On rit, on rougit, on se console. Dans l’ordre et dans le désordre. Le tout emballé avec une tendresse qui prend des proportions inégalées en finale. Touchée.


Valérie Duhaime

Avoir le cancer et en rire
« J’ai tellement fait de blagues sur mes petits seins, je pense qu’ils ont décidé de se venger. » Il aura fallu un cancer du sein pour que l’Américaine Tig Notaro, vétérante des soirées de stand-up, connaisse le succès populaire. En 2012, trois jours après son diagnostic, elle en faisait un monologue à Los Angeles, la performance devenant aussitôt légendaire. Depuis, les eaux se sont calmées pour l’humoriste, mais son ton monotone et son apathie comique sont toujours efficaces dans le spécial Happy to Be Here, disponible sur Netflix depuis mai. Avec Ali Wong et Hannah Gadsby, voilà une autre femme qui saute à pieds joints sur les stéréotypes.


Alexandre Shields

Au paradis de la poutine
L’idée a été lancée en 2008 comme une boutade, un geste posé par les membres des Trois Accords pour revendiquer, au nom de Drummondville, la paternité de la poutine. Ce serait en effet là que le classique culinaire serait né, dans les années 1950. Mais le Festival de la poutine est depuis devenu un beau rendez-vous musical pour boucler l’été. Cette année, on pourra y entendre Hubert Lenoir, Robert Charlebois, Lisa LeBlanc et Marjo, notamment. Sans oublier les 11 poutiniers invités.