Polémique autour de l’écriture inclusive en Espagne

L'Académie royale espagnole devrait se prononcer sur le sujet de l'écriture inclusive en octobre, selon «El País». En photo: l'ouvrage de référence utilisé par l'Académie.
Photo: Real Academia Espanola CC L'Académie royale espagnole devrait se prononcer sur le sujet de l'écriture inclusive en octobre, selon «El País». En photo: l'ouvrage de référence utilisé par l'Académie.

La volonté du gouvernement socialiste espagnol de modifier la Constitution pour l’adapter à l’écriture inclusive suscite un vif débat en Espagne, amenant même le directeur de l’Académie royale espagnole à se positionner lundi.

« Le problème est de confondre grammaire et machisme », a déclaré Dario Villanueva dans un entretien publié par le quotidien El País.

« Les langues sont régies par un principe d’économie. L’utilisation systématique des doublons [écrire ou dire le nom dans sa version masculine et féminine] détruit leur essence économique. Les fausses solutions qui proposent de mettre un E à la place du O et du A me paraissent absurdes, ridicules et totalement non opérationnelles », a-t-il ajouté.

La semaine dernière, la vice-présidente du gouvernement, Carmen Calvo, a chargé l’Académie royale espagnole, institution similaire à l’Académie française, d’écrire un rapport sur la mise en adéquation de la Constitution à un langage inclusif.

Un serpent de mer

« Nous avons une Constitution au masculin […] qui correspond à une période datant d’il y a 40 ans », avait déclaré la numéro deux de l’exécutif de Pedro Sanchez.

« Nous avons commencé le processus », a indiqué lundi le directeur de l’Académie, « même si la doctrine sur le sujet est très claire et je ne pense pas que l’Académie s’en écartera. Un changement de la Constitution est très difficile. Franchement, je le vois un peu comme un serpent de mer. »

L’Académie devrait se prononcer sur le sujet en octobre, selon El País.

Le débat sur le sujet a été exacerbé après que l’écrivain et membre de l’Académie Arturo Pérez-Reverte a insinué qu’il pourrait quitter l’institution si l’Académie allait dans le sens du gouvernement.

« Vous avez ma parole », a-t-il répondu sur Twitter à une personne disant que l’écrivain serait le seul à résister à cette réforme et que les autres académiciens céderaient.

« La réaction d’Arturo Perez-Reverte, qui a mis la charrue avant les boeufs, n’a pas aidé à ramener le calme. Personne n’a jamais abandonné l’institution », a réagi lundi Dario Villanueva dans El País.