«100 humoristes en 100 minutes»: viens voir les comiques!

Gabriel D’Almeida Freitas se garde de dévoiler l’identité des humoristes qui fouleront la scène de L’Olympia dimanche.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Gabriel D’Almeida Freitas se garde de dévoiler l’identité des humoristes qui fouleront la scène de L’Olympia dimanche.

Gabriel D’Almeida Freitas aime se mettre en danger. Il n’est donc pas étonnant que ce jeune touche-à-tout ait accepté l’invitation de Christian Viau, directeur de production du Grand Montréal Comédie Fest (GMCF), d’animer le spectacle d’ouverture de la première édition de ce festival créé par la Coalition des humoristes.

Mieux encore, le GMCF l’invitait à reprendre le concept du spectacle 60 humoristes 60 minutes qu’il avait conçu au Zoofest en 2014, puis repris en 2015 et en 2017, mais en augmentant cette fois le tout à 100 humoristes en 100 minutes.

« À la base, je me demandais jusqu’à quel point on peut consommer de l’humour. On consomme tellement tout rapidement. On le voit sur les réseaux sociaux avec les Stories d’Instagram. Je me disais qu’on n’en était pas capables parce qu’un humoriste doit prendre son temps, on doit apprendre à le connaître. Je croyais qu’on allait se planter et, finalement, ç’a été un franc succès, une belle aventure », se souvient Gabriel D’Almeida Freitas.

Mettant en vedette plus d’une centaine d’humoristes — il y aura des duos connus ou formés pour l’occasion —, le spectacle comporte 100 numéros de 60 secondes top chrono. Vous dépassez le temps alloué ? On éteint les lumières et le micro !

« Déjà que c’était dur à 60… En fait, comme concepteur, ça reste une question de logistique. Le plus difficile, c’est de trouver des gens prêts à se déplacer pour une minute et qu’ils n’oublient pas la journée où on fait le spectacle. Oui, c’est de l’organisation, mais au festival, ils voulaient commencer ça gros. Je trouvais ça audacieux qu’ils osent le faire et qu’ils en confient l’animation à un jeune humoriste. »

100 surprises

Avec autant d’humoristes — et d’ego ! — à gérer, on imagine sans peine l’enfer qui pourrait régner en coulisses : « L’enfer, c’est vraiment avant ! En coulisses, c’est un super beau party. On se croise souvent dans des soirées, mais c’est rare qu’on se retrouve tous en même temps, à part au Gala Les Olivier. C’est le fun de voir ses confrères sur scène, de voir ce qu’ils vont faire en une minute. »

Qui sera donc sur la scène de L’Olympia dimanche ? Mystère et boule de gomme. Les organisateurs du festival demeurent discrets quant aux invités puisqu’on ne sait jamais qui pourrait annuler à la dernière minute pour une quelconque raison. Tout ce que Gabriel D’Almeida Freitas consent à dévoiler, c’est qu’il y aura cinq humoristes en stand-by dans les coulisses en cas d’absence, motivée ou non, et qu’il attend la réponse d’une politicienne.

« On n’annonce rien sur le site parce qu’on veut que le monde se déplace pour vivre une expérience. Même quand je fais du stand-up en solo, j’aime que les gens vivent quelque chose. On s’en fout que ce soit drôle ou non, l’important, c’est de vivre quelque chose dont on va se souvenir. »

L’animateur promet des gros noms, des humoristes de la relève déjà bien connus, des jeunes fraîchement diplômés de l’École nationale de l’humour et des personnalités qui ont de l’humour et à qui il a donné carte blanche : pas de censure, pas de sujet tabou, pas de thème imposé. Et pas de caméra pour capter le tout pour la télé comme au festival Juste pour rire, qui débutera avant la fin du Grand Montréal Comédie Fest. Un mois d’humour, c’est pas un peu trop ?

« Il y a une demande du public, de vouloir rire. Je ne suis pas un grand consommateur d’humour. Je n’ai jamais eu cet empressement de faire mon premier one-man-show avant 30 ans, de vendre 100 000 billets. L’humour, c’est un milieu berné. Souvent on s’arrête au rire et non à ce qui est plus drôle, plus intéressant, plus original. En tant qu’artiste, je trouve ça tough d’être juste face à son art. Je veux jouer, créer des projets sans me presser. Je trouve ça le fun de prendre mon temps pour bien faire mes affaires. »

Quant à la rivalité entre festivals, elle lui importe peu puisqu’il est l’un des scripteurs du Gala Carte blanche animé par Pier-Luc Funk à Juste pour rire : « Il y a des humoristes qui ne veulent plus travailler pour le festival Juste pour rire ; je ne pense pas que le Grand Montréal Comédie Fest soit en compétition face à ça, mais un renouveau. Je pense qu’il y a eu un ménage à Juste pour rire. Si un projet m’intéresse, si les gens m’intéressent, si ce milieu-là est respectueux, j’y vais. »

Enfin, l’avenir nous dira si 100 humoristes en 100 minutes deviendra une tradition au Grand Montréal Comédie Fest. « Je trouve que ça offre une belle image des humoristes québécois, de l’envergure de l’humour au Québec », conclut celui qu’on pourra notamment voir cet automne dans Les magnifiques et dans Le chalet.


100 humoristes en 100 minutes
Conçu et animé par Gabriel D’Almeida Freitas. À L’Olympia, dimanche, 20 h.

Grand Montréal Comédie Fest
Du 1er au 15 juillet