Montréal appuie la création d’une ambassade culturelle autochtone

C’est dans un petit parc à l’ouest du quai de l’Horloge, dans le Vieux-Port de Montréal, que s’est tenue jeudi une cérémonie du feu, à l’occasion de la Journée nationale des peuples autochtones.
Photo: Caroline Montpetit Le Devoir C’est dans un petit parc à l’ouest du quai de l’Horloge, dans le Vieux-Port de Montréal, que s’est tenue jeudi une cérémonie du feu, à l’occasion de la Journée nationale des peuples autochtones.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a annoncé jeudi que la Ville va fournir 10 % du budget de construction d’une ambassade culturelle et artistique autochtone permanente dans le Vieux-Port de Montréal. L’apport de la Ville au projet se chiffrerait donc à 6,2 millions de dollars.

Ce projet, que la communauté autochtone de Montréal mijote depuis quelque vingt ans, attend cependant toujours l’appui officiel des gouvernements provincial et fédéral.

Les communautés autochtones souhaiteraient que cette « ambassade » au rayonnement international soit érigée dans le petit parc à l’ouest du quai de l’Horloge, dans le Vieux-Port de Montréal, sur un terrain appartenant à la Société immobilière du Canada.

C’est là d’ailleurs que se tenait jeudi une cérémonie du feu, à l’occasion de la Journée nationale des peuples autochtones, qui a lieu le 21 juin.

Cette journée se tenait jeudi à Montréal sur le thème « Bâtir une relation durable ». « Nous devons fonctionner avec des alliés, dans la société, dans les villes, comme aux gouvernements », a dit le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard.

Montréal, terre autochtone

Le projet DestiNATIONS, qui prévoit l’érection d’un carrefour international des cultures et des arts autochtones, a aussi été l’objet d’une mention dans le dernier budget du gouvernement Couillard. Mais aucune annonce concrète n’a encore été faite à ce sujet. Idem, pour l’instant, du côté du gouvernement fédéral.

Odile Joannette, qui siège au conseil d’administration de DestiNATIONS, croit que le projet verra le jour « si les citoyens croient en ce projet, qu’ils soient autochtones ou non-autochtones, et toutes générations confondues ».

« Ce serait notre espace, un espace d’envergure internationale, où on ferait rayonner nos pratiques artistiques et culturelles du Québec, du Canada, mais aussi du monde », a-t-elle dit.

« De plus en plus, les alliances entre peuples autochtones se font à tous les niveaux. Les frontières ne sont plus limitatives. On peut vraiment s’ouvrir. Depuis vingt ans, la communauté autochtone travaille et rêve à un espace avec une signature architecturale unique et forte, qui placerait Montréal comme une terre autochtone où on serait fiers de cohabiter tous ensemble. Cela fait dix ans qu’on y travaille de façon sérieuse. Et depuis quelques années, nous nous sommes associés avec Tourisme autochtone du Québec. »

Le ministre des Affaires autochtones du Québec, Geoffrey Kelley, relevait par ailleurs jeudi que 50 % des citoyens du Québec n’avaient jamais visité une communauté autochtone de leur vie.

Sépultures autochtones

La Ville de Montréal a également profité de la journée pour annoncer qu’elle s’engageait à remettre les sépultures autochtones trouvées sur le territoire à l’occasion de différents travaux.

En effet, des sépultures, dont certaines vieilles de 4000 ans, ont été trouvées au fil des ans à différents endroits clés : notamment sur le chemin Queen-Mary, à l’angle des rues Peel et Sherbrooke, et sur le site du musée Étienne Nizard de Saint-Dizier, à Verdun.

La Ville de Montréal répond en ce sens à des pressions exercées par le Conseil de bande de la communauté mohawk de Kahnawake, qui exprime le souhait de récupérer ces sépultures. La Ville prévoit de procéder au transfert dans un délai d’un an, et annonce que la démarche sera encadrée par un « accord sur les modalités et les conditions de la restitution ».

Par ailleurs, le premier sommet entre maires et mairesses du Québec et chefs des Premières Nations autochtones sera tenu par la Ville de Montréal le 30 août prochain.


Ottawa collabore avec les Premières Nations sur la protection côtière

Prince Rupert — Le gouvernement fédéral collabore avec les Premières Nations pour protéger la côte nord du Pacifique. Le premier ministre, Justin Trudeau, en a fait l’annonce jeudi à Prince Rupert, en Colombie-Britannique, dans le cadre de la célébration de la Journée nationale des peuples autochtones.

L’accord entre le gouvernement fédéral et 14 Premières Nations côtières lance un partenariat sur des initiatives axées sur les milieux marins qui feront, selon Ottawa, progresser la réconciliation et protégeront un secteur couvrant les deux tiers de la côte de la Colombie-Britannique.

Les Premières Nations et le gouvernement fédéral ont convenu de coordonner leurs efforts en matière de gestion et de conservation des océans, « y compris la planification spatiale marine et la création d’un réseau d’aires marines protégées », indique le gouvernement par communiqué.

Marilyn Slett, chef de la nation Heiltsuk et présidente de l’initiative Great Bear des Premières Nations côtières, a affirmé que la feuille de route annoncée par le premier ministre Justin Trudeau, jeudi, formaliserait un rôle de conservation qu’assument des communautés autochtones depuis des millénaires.

En 2016, la nation Heiltsuk était intervenue lors de l’échouement du bateau-remorqueur Nathan E. Stewart près de Bella Bella, qui a causé le déversement de milliers de litres de carburant, dans un secteur où est rassemblée la majeure partie de l’approvisionnement en nourriture de la communauté.

M. Trudeau a affirmé que cet accord aidera le gouvernement « à donner suite à [sa] promesse de collaborer dans la gestion des océans ».