Un regroupement réclame une aide plus généreuse du fédéral aux festivals

Le Festival western de St-Tite se retrouve au deuxième rang du palmarès dévoilé par le REMI concernant les retombées économiques.
Photo: Jean-François Nadeau Le Devoir Le Festival western de St-Tite se retrouve au deuxième rang du palmarès dévoilé par le REMI concernant les retombées économiques.

Forte d’une nouvelle méthodologie harmonisée et approuvée par Québec, une analyse du Regroupement des événements majeurs internationaux (REMI) montre qu’un groupe de 17 de ses principaux membres a généré au total, lors de leurs plus récentes éditions, des retombées économiques de 290,8 millions. L’organisation en profite pour demander un meilleur partage des subventions fédérales et une meilleure redistribution de l’argent des associations touristiques.

Devant une centaine de personnes travaillant dans le monde des festivals et des événements au Québec, le p.-d.g. du REMI, Martin Roy, a présenté les grandes lignes d’une étude de KPMG sur les retombées économiques consolidées des principaux membres du regroupement, dont le Carnaval de Québec, la Coupe Rogers, le Festival d’été de Québec et le Festival international de jazz de Montréal.

Quelque 190 000 touristes sont venus de l’extérieur du Québec pour participer à ces événements, qui, selon une approche de calcul dite « restrictive », ont permis de créer ou de conserver 4606 emplois. Selon la même approche, qui tient compte des visiteurs venus « principalement » pour un événement en particulier, les 17 rassemblements auraient fait des dépenses totales de 396 millions, et par le fait même généré des revenus fiscaux de 49,3 millions pour le gouvernement du Québec et de 17,3 millions pour le gouvernement fédéral.

Si Martin Roy a souligné que « l’industrie événementielle au Québec est payante » et engendre « d’importantes retombées économiques et touristiques », il a aussi insisté sur un manque d’équité et une redistribution des sous inadéquate.

« Quand on voit que le Grand Prix avec 7 millions du gouvernement du fédéral produit 42,4 millions par année et que ce groupe de 17 événements qui produit 290,8 millions par année le fait avec à peine 9,2 millions d’aide, il y a là l’évidence d’une iniquité qu’il faut corriger, tout particulièrement au gouvernement fédéral. »

À Ottawa, les membres du REMI sont « relégués » à des fonds de commercialisation chez Développement économique Canada, ou à « des critères culturels » chez Patrimoine canadien. M. Roy demande au gouvernement fédéral de mettre en place un programme voué à la croissance des événements majeurs internationaux.

En soirée jeudi, l'attaché de presse du cabinet de la ministre du Patrimoine canadien, Simon Ross, a commenté au Devoir que « les créateurs et artistes québécois font la fierté du Québec. C'est pourquoi, après une décennie d'indifférence conservatrice envers la culture, nous avons fait le plus important réinvestissement de notre histoire dans le domaine. Nous avons entre autres investi 125 millions de dollars dans la toute première stratégie d'exportation culturelle de notre pays, qui aidera les festivals à rayonner à l'international. Nous continuerons d'appuyer notre culture et nos artistes. »

Faire tourner la roue

Le REMI aimerait aussi que les associations touristiques régionales, comme Tourisme Montréal, redistribuent plus généreusement aux événements l’argent dépensé par les touristes dans les restaurants et les hôtels.

« Le problème sera résolu le jour où tous ceux qui bénéficient des impacts économiques accepteront qu’ils ont à redonner une partie de l’argent qu’ils ont reçu, estime Martin Roy. C’est simplement s’assurer que la roue continue de tourner. »

Le Grand Prix, encore une fois, est la mesure étalon dans le domaine. Le p.-d.g. du REMI souligne que l’événement de course automobile reçoit quelque 6 millions de Tourisme Montréal, alors que « nos 17 événements, qui génèrent 6,85 fois ce que le Grand Prix génère, ont moins de 2 millions par année de la part des cinq associations touristiques qui sont concernées. Alors, il y a un problème d’équité certain. »

Méthodologie

En trame de la présentation du REMI se trouve un enjeu méthodologique. Les impacts, c’est beau, mais que calcule-t-on et comment ? Le rapport de KPMG s’est basé sur l’approche officielle restrictive désormais utilisée par le ministère québécois du Tourisme. Bref, tout le monde aura maintenant la même façon de compter, et les analyses seront plus faciles.

Le p.-d.g. de l’Équipe Spectra et administrateur du REMI, Jacques-André Dupont, s’est dit « content qu’on puisse maintenant comparer des pommes avec des pommes. Et le message que j’ai pour les économistes, c’est choisissez votre méthode, mais si vous dites que les événements n’ont pas d’impact, vous n’êtes pas sérieux. »

Il reste que le REMI préfère l’approche de calcul « modulée », qui inclut non seulement les visiteurs venus principalement pour un événement, mais aussi ceux venus partiellement pour l’occasion. M. Roy donne l’exemple d’une festivalière qui va voir un concert au Festival d’été de Québec, mais qui en profite pour aller visiter le pavillon Lassonde du Musée national des beaux-arts du Québec. Dans tous les cas, insiste-t-il, les visiteurs locaux — qui vivent dans un rayon de 40 kilomètres de l’événement — ne sont pas pris en compte dans les calculs.

Le top 6 des retombées économiques

1. Festival international de jazz 48,5 millions (2017)

 

2. Festival western de St-Tite 45 millions (2017)

 

3. Grand Prix de F1 du Canada 42,4 millions (2015)

 

4. International des Feux Loto-Québec 37 millions (2016)

 

5. Festival Juste pour rire 33,8 millions (2017)

 

6. Festival d’été de Québec 26,5 millions (2017)

En bref

Voici quelques faits saillants du rapport de KPMG sur les retombées économiques créées par les 17 membres du REMI analysés lors de leur plus récente édition.

En 2016-2017, 16,7 % des revenus de ces rassemblements proviennent des subventions publiques. Du côté des dépenses, 40 % des coûts totaux sont constitués des cachets et des salaires. Ces événements ont attiré 5,9 millions de personnes, dont 4,4 millions ayant 16 ans et plus. Quelque 14 % de ces visiteurs proviennent de l’extérieur du Québec et 10 % sont des Québécois passant au moins une nuit à l’hôtel alors que 10 % reviennent à la maison le jour même. Chaque visiteur a dépensé en moyenne 378 $ pendant son séjour.