Aurélie Lanctôt et Rosalie Lavoie prennent une nouvelle «Liberté»

Les nouvelles directrices de «Liberté», Aurélie Lanctôt et Rosalie Lavoie, promettent d'assouplir la hiérarchie de la revue. 
Photo: Michel Desroches Les nouvelles directrices de «Liberté», Aurélie Lanctôt et Rosalie Lavoie, promettent d'assouplir la hiérarchie de la revue. 

Elles sont deux, et déjà à l’ouvrage. Avec ces deux jeunes femmes, la revue littéraire et politique Liberté annonce aujourd’hui une direction à quatre mains, après le départ de Jean Pichette.

L’écrivaine Rosalie Lavoie oeuvrait déjà à la coordination de la revue, en plus d’avoir publié des nouvelles et deux romans, Choir et Le sang du cerf. Chroniqueuse au Devoir, Aurélie Lanctôt collabore également à plusieurs émissions d’ICI Radio-Canada Première et à d’autres publications québécoises. Elle a aussi reçu le prix Pierre-Vadeboncoeur pour son essai politique Les libéraux n’aiment pas les femmes.

Elles promettent d’abord d’assouplir la hiérarchie de Liberté, pour favoriser la collaboration « dans un espace de réflexions partagées ». Une refonte de structure qui n’est pas non plus désincarnée, souligne Mme Lanctôt. La forme influencera nécessairement le fond, la coopération rejaillissant sur les idées, et c’est tant mieux.

« Notre numéro de la rentrée sera entièrement consacré aux paroles autochtones », illustre-t-elle. Un comité de rédaction spécial a été mis sur place expressément « pour faire plus de place à ces enjeux dans la revue ».

Une sensibilité féminine/féministe pour écouter les voix mises de côté ? « C’est clair qu’on veut envisager les choses autrement », répond Aurélie Lanctôt, au nom de la direction en tandem.

Plusieurs personnalités ont croisé l’histoire de Liberté, dont Hubert Aquin, Jacques Godbout, Gaston Miron, Marie Uguay, mais les postes de décision sont restés en majorité occupés par des hommes. En cinquante ans d’histoire, de 1959 à 2009, un seul numéro a vu le jour sous une rédactrice en chef, Michèle Lalonde. Marie-Andrée Lamontagne en a tout de même assuré la direction de 1993 à 1999 et la place des femmes au sein de l’organisation s’est améliorée. Dorénavant, la revue Liberté ne peut cependant plus être envisagée comme « une affaire de gars », informe les deux auteures.

À l’aube du soixantième anniversaire de la publication, elles souhaitent également revaloriser les riches archives du périodique. « Redevable d’un passé fécond », Liberté doit néanmoins faire le pari de continuer à inspirer notre XXIe siècle : « On veut réinsérer la revue dans le débat d’idées de façon plus claire, plus dynamique », insiste Lanctôt.

Et « avec humilité », comme l’indique le communiqué de l’annonce ? La courte conversation téléphonique avec la nouvelle codirectrice donne plutôt l’envie de biffer ces mots, pour les remplacer par « avec ambition ».

« Nous voulons générer la réflexion et créer un espace de débat, une communauté d’esprit et de pensée. Je suis persuadée que nous pouvons changer le monde avec les mots », résume Rosalie Lavoie.