Les flâneurs

François
Lévesque

De mai en mai

On est très curieux de découvrir le film Les idoles, réalisé par Marc’O, d’après sa pièce, et sorti en 1968. Présentée à la Cinémathèque dans le cadre du cycle Mai 68, cette satire du monde du spectacle, dans laquelle trois vedettes yé-yé se révoltent, promet en effet, dans sa forme éclatée, un reflet des événements d’alors. Le générique éclectique a de quoi rameuter les cinéphiles friands d’objets cinématographiques obscurs, avec les Bulle Ogier, Pierre Clémenti, Bernadette Lafont, Jean-Pierre Kalfon et consorts. Le 22 mai à 21 h.


Caroline
Montpetit

Temps de pause

Ne cherchez plus le silence, c’est Louise Warren qui l’a attrapé. L’écrivaine a séjourné longuement à l’abbaye Val-Notre-Dame, des moines cisterciens, à Saint-Jean-de-Matha. En est né L’enveloppe invisible, son dernier essai, paru aux éditions du Noroît. On y plonge, à ses côtés, dans les profondeurs muettes de l’être, sondées dans la chambre de solitude qu’elle a choisie. Elle y livre ses réflexions sur l’écriture, sur le souvenir, sur la mort, sur l’architecture, sur la guerre. Dans cet univers immobile, seules l’écriture et la lecture bougent. L’essai est illustré de dessins de Pierre Thibault, l’architecte de l’abbaye.


Manon
Dumais

En attendant « Héréditaire »…

Le 8 juin, le film d’horreur que l’on dit le plus flippant de l’année, Héréditaire, d’Ari Aster, prendra l’affiche. Afin de patienter, pourquoi ne pas regarder un film qui sème l’émoi chez les abonnés de Netflix ? Réalisé par Paco Plaza (REC), Veronica s’inspire librement de la seule affaire paranormale reconnue par la police espagnole. Au-delà du climat angoissant et des effets-chocs, dont une magnifique scène où le personnage semble avancer dans un miroir inversé, ce récit d’une jeune fille (bouleversante Sandra Escacena) aux prises avec une entité maléfique provoquée en jouant à Ouija s’avère une illustration de la détresse adolescente.


Stéphane
Baillargeon

Jonathan te parle (et écoute)

Le coiffeur Jonathan Van Ness est devenu une célébrité trop attachante avec la série de « remise à neuf » Queer Eye (Netflix). Cette notoriété a dopé l’intérêt pour son blogue Getting Curious with Jonathan. L’idée est toute simple : deux fois par mois, le très maniéré et expressif Jonathan se fait expliquer un problème compliqué par un expert : c’est comment être une femme militaire ? C’est quoi la crise des opioïdes ? Et le génocide arménien ? Cette semaine, Jonathan se demande qui était « la Beyoncé, la Adèle ou la Céline Dion de l’art de la Renaissance ». Il rencontre donc l’historienne de l’art Lisa Boutin Vitela, qui se révèle une pédagogue hors pair. Sa première réponse cite les Tortues Ninja (Leonardo, Michelangelo…), toutes baptisées en l’honneur des géants universels.