Un choix imminent à la direction de BAnQ

Bibliothèque et Archives nationales du Québec est l’une des institutions culturelles les plus importantes de la province.
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Bibliothèque et Archives nationales du Québec est l’une des institutions culturelles les plus importantes de la province.

Après un an de valse-hésitation, Québec a finalement choisi un président-directeur général pour Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), vaisseau amiral des bibliothèques du Québec. Le cabinet de la ministre de la Culture a confirmé mardi qu’une annonce est « imminente, incessante, sous peu ».

Autant de manières de dire que la très longue attente pour trouver un p.-d.g. à ce qui est une des institutions culturelles les plus importantes de la province tire à sa fin. La dernière titulaire du poste, Christiane Barbe, a démissionné en avril 2017. Depuis, c’est Geneviève Pichet qui assume les fonctions et elle quittera son poste le 1er juin.

Le délai entre le départ de Mme Barbe et la nomination de son successeur a fait couler passablement d’encre dans un milieu qui comprenait mal la lenteur de Québec à trouver la bonne personne. Lise Bissonnette, qui a été à la barre de BAnQ pendant 11 ans, disait mardi au Devoir que cette « vacance au plus haut niveau de la plus importante institution culturelle du Québec » était simplement inacceptable.

Plusieurs rumeurs contradictoires circulaient mardi quant à l’identité de la personne choisie. Selon différentes sources, Québec cherchait un gestionnaire de haut niveau pour régler de nombreux problèmes internes.

Un membre qui a participé à la sélection se disait « ravi » du choix avalisé par le conseil des ministres. « C’est une nomination qui a de l’envergure pour une institution qui a été malmenée ces derniers temps. » Selon un autre membre impliqué dans les discussions, le comité de sélection désirait trouver quelqu’un qui serait à l’aise avec l’appareil gouvernemental. « L’idée était aussi de trouver une personne qui a ses entrées à Québec, qui peut prendre le téléphone, parler avec le ministère et avoir des résultats. »

Si le processus fut si long, c’est notamment qu’une première personne recommandée par le conseil d’administration a été écartée par Québec. « La candidature ne répondait pas à un critère obligatoire pour avoir accès aux emplois supérieurs », avait indiqué au Devoir en février l’attaché de presse de la ministre de la Culture, Marie Montpetit.

Il s’agissait alors de Manon Gauthier, ancienne responsable de la culture au comité exécutif de la Ville de Montréal. Le blocage de sa candidature a forcé le comité à reprendre le processus.

Désintérêt ?

Dans une lettre ouverte adressée mardi à la ministre Montpetit (et transmise au Devoir), une ex-employée de BAnQ, la bibliothécaire Lëa-Kim Châteauneuf, dénonçait la lenteur du processus qui arrivera à son terme dans les prochaines heures.

« Pour moi, ça démontre un désintérêt envers BAnQ de la part du gouvernement et du ministère de la Culture, disait-elle en entretien. Je pense que la difficulté de trouver un p.-d.g. vient grandement du fait que l’institution est sous-financée. Les gestionnaires tentent de gérer plus avec moins, toujours plus avec moins. Et c’est un défi constant. »

Mme Châteauneuf, qui a occupé différents postes au sein de BAnQ, soutient que « l’institution est [actuellement] en mode survie — alors que c’est un phare, qui devrait inspirer et être leader de toutes les bibliothèques du Québec. BAnQ ne peut tenir ce rôle actuellement. Toute l’énergie de la boîte sert seulement à faire tenir la boîte ».

La nomination du nouveau p.-d.g. de BAnQ a lieu deux mois après celle de Louise Lantagne comme présidente et chef de la direction de la SODEC (Société des entreprises culturelles du Québec) — autre institution fondamentale du paysage culturel québécois. Mme Lantagne remplaçait Monique Simard, dont le mandat s’est terminé en janvier.