Les flâneurs

Des reporters boulimiques de culture partagent leur coup de cœur de la semaine.
Illustration: Le Devoir Des reporters boulimiques de culture partagent leur coup de cœur de la semaine.

Odile
Tremblay

La plume du badaud académicien

Et si l’acte créatif vraiment rebelle en notre ère dématérialisée constituait à revenir au soc de charrue pour les labours. Sur le plan littéraire, cela signifie décrire à la main avec une calligraphie quelconque et des dessins enfantins son quotidien d’académicien badaud, comme Dany Laferrière à travers son délicieux Autoportrait de Paris avec chat. Au menu : des relents du Québec et d’Haïti, deux doigts de vaudou, un bain, un lit, un alphabet, la trompette de Boris Vian, une bibliothèque idéale, les clichés entourant la Ville lumière, un félin philosophe et les rêveries d’un promeneur solitaire sous les klaxons d’aujourd’hui.


Caroline
Montpetit

Suivre le fil d’Ariane du Liban

Petit pays à l’histoire complexe, le Liban nous perd souvent dans les dédales de son passé. Charif Majdalani en fait tenir le fil d’Ariane durant les deux siècles que couvre son très beau roman L’empereur à pied, paru au Seuil. Conteur né, il fait vivre les récits des descendants d’une lignée de commerçants chrétiens libanais, dont l’ancêtre est arrivé à pied, un jour, avec ses trois fils et son ambition pour seul bagage, avant de laisser des dernières volontés contraignantes. L’auteur reçoit dimanche le prix Des mots pour changer, remis à un écrivain dont l’oeuvre contribue à une meilleure compréhension des cultures.


Philippe
Papineau

Plongée dans l’Oasis

C’est un Steven Spielberg en grande forme qui nous a livré son plus récent film, Ready Player One, qui combine habilement son inquiétude envers les mondes virtuels et son amour des récits bienveillants à la E.T. En 2045, le monde réel est dans un état tel que la population se réfugie en masse dans l’Oasis, un jeu — magnifiquement montré à l’écran — qui permet de fuir la réalité. Mais au décès d’un de ses créateurs, l’existence de l’Oasis est menacée et pourrait tomber aux mains d’une grosse compagnie mal intentionnée. Spielberg multiplie les références nostalgiques, propose des personnages attachants et dose bien le virtuel et le réel.


Louise-Maude Rioux Soucy

Dans les filets du comte Olaf

Impossible de ne pas craquer pour les trois orphelins Baudelaire. Leurs grands mots, leur coeur pur, leur intelligence avide ; tout chez les héros de Daniel Handler, alias Lemony Snicket, est réjouissant. Netflix a marqué un grand coup en adaptant la série jeunesse Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, dont la suite, colorée et grinçante, est enfin arrivée. Car, même si le pire guette les Baudelaire à tous les détours, on prend un malin plaisir, petits et grands, à renouer avec leurs complices, et encore plus avec leur ennemi juré, le terrible comte Olaf, flanqué de sa joyeuse bande de transformistes dont la perfidie n’a d’égale que la superbe.