Le chef d’orchestre Jean-Claude Malgoire s’éteint

Le chef d'orchestre était aussi renommé pour faire jouer les partitions de manière plus enlevée, notamment Mozart.
Photo: Philippe Huguen Agence France-Presse Le chef d'orchestre était aussi renommé pour faire jouer les partitions de manière plus enlevée, notamment Mozart.

Le chef d’orchestre spécialiste du baroque et des musiques rares Jean-Claude Malgoire est mort à 77 ans dans la nuit de vendredi à samedi, a annoncé l’Atelier lyrique de Tourcoing, dont il était le directeur artistique.

Avec 150 enregistrements et plus de 7000 concerts à son actif, ce hautboïste de formation a exhumé inlassablement des oeuvres enfouies du répertoire classique, mettant un point d’honneur à jouer avec des instruments d’époque.

Il était également renommé pour faire jouer les partitions de manière plus enlevée, notamment Mozart. En janvier 2017, il confiait à l’AFP avoir la certitude d’avoir « gagné la partie » : « Même dans les festivals aussi conventionnels qu’Aix, on joue Mozart avec des instruments originaux. »

Né à Avignon en 1940 d’un père magasinier et d’une mère d’origine italienne, il était monté à 16 ans à Paris.

Après des études au conservatoire dans la capitale et ses débuts à l’orchestre de Paris, il avait fondé un ensemble de musique ancienne, La Grande Écurie et la Chambre du Roy (1967), sauvant de nombreux trésors, comme des oeuvres de Lully (1632-1687) ou de Campra (1660-1744).

Sa renommée l’avait conduit à diriger des bandes originales de films (Ridicule en 1996) et à se produire sur tous les continents, notamment en Amérique du Sud.

« Le monde de la musique perd un hautboïste talentueux, un chef d’orchestre qui a su faire revivre la musique baroque pendant plus de 50 ans », a déclaré la ministre française de la Culture, Françoise Nyssen, dans un communiqué. « Nous perdons un homme d’une générosité incommensurable, qui aimait la vie », a-t-elle ajouté.

La mairesse de Lille, Martine Aubry, lui a également rendu hommage : « La Grande Écurie et la Chambre du Roy, son orchestre et l’Atelier lyrique de Tourcoing sont orphelins, et avec eux tous les passionnés, dont je suis, de musique baroque, dont il était la première incarnation dans la région. »