Dans les tombeaux de l’Égypte antique

L’exposition réunit 350 objets, dont une fresque murale située dans l’annexe de l’antichambre de la tombe de Néfertari.
Photo: Reines d’Égypte L’exposition réunit 350 objets, dont une fresque murale située dans l’annexe de l’antichambre de la tombe de Néfertari.

On connaît peu l’histoire d’Hatshepsout, ancienne reine d’Égypte, qui, une fois veuve, devint pharaonne, portant la couronne et le pagne. Cette femme du Nouvel Empire de l’Égypte ancienne s’est pourtant fait creuser un tombeau dans la vallée des rois, près de Thèbes. Mais toute trace d’elle a été effacée, jusqu’à ce que, au XIXe siècle, des découvertes la fassent de nouveau entrer dans l’histoire.

Hatshepsout est l’une de ces femmes que l’on découvre dans la nouvelle exposition Reines d’Égypte, présentée au musée Pointe-à-Callière. L’exposition réunit 350 objets, dont les deux tiers proviennent du musée Egizio de Turin. C’est un ancien directeur de ce musée, Ernesto Schiaparelli, qui a découvert en Égypte la tombe royale de Néfertari, l’épouse favorite de Ramsès II, en 1904. Le sarcophage de granit rose qui contenait son corps momifié a été jadis fracassé par les pilleurs, mais la pierre rescapée de ce pillage est exposée dans la dernière salle de l’exposition, dont les murs sont couverts de reconstitutions des dessins qui ornaient sa tombe.

Une mort omniprésente

Il faut dire que la vie après la mort occupe une place prépondérante dans l’exposition, comme elle le faisait dans la culture égyptienne de l’époque. D’ailleurs, toute une pièce est consacrée au village de Deir el-Médineh, dont les artisans consacraient leur vie à la création des tombes royales. Là, à l’école, les enfants apprenaient à lire et à écrire, mais maîtrisaient aussi l’égyptien moyen, puisque c’est dans cette langue, déjà éteinte à l’époque, qu’étaient écrits les hiéroglyphes qui couvraient les sarcophages royaux.

Le musée Pointe-à-Callière a fait appel à Ubisoft pour fournir un complément animé à l’exposition. Le tout a été tiré du jeu vidéo Assassin’s Creed Origins, qui se déroule dans l’Égypte antique. L’action du jeu se déroule cependant beaucoup plus tard dans l’histoire, alors que les Grecs occupaient le territoire, explique Jean Guesdon, directeur créatif chez Ubisoft. Il a donc fallu gommer la présence grecque et romaine des lieux, comme les consignes et les jeux de combat qui se déroulaient dans ces décors.

Ubisoft a aussi conçu deux vidéos explicatives qui accompagnent l’exposition. L’une porte sur les hiéroglyphes égyptiens et l’autre sur la momification.

 

On apprend d’ailleurs que les Égyptiens procédaient au retrait de tous les organes intérieurs des défunts, à l’exception du coeur. Cette opération se pratiquait alors que le cadavre était debout. Ce qu’il restait du corps était ensuite séché durant 70 jours. On plaçait des prothèses à la place des yeux, et on ouvrait la bouche et le nez pour permettre au défunt de respirer dans l’au-delà. Son corps était ensuite momifié dans des bandelettes de lin. La tête était placée dans un masque d’or pur, de cèdre, de carton ou du stuc doré.

Dans une autre salle, un papyrus judiciaire fascinant, couvert de hiéroglyphes, relate une conspiration menée par Tiyi, épouse secondaire de Ramsès III, pour assassiner ce dernier afin de faire monter son fils Pentaour sur le trône. Mais le complot a été déjoué, et Pentaour a été condamné au suicide.

Mais tout n’était pas funèbre dans la vie de ces reines d’Égypte, qui jouissaient, selon la directrice du musée Pointe-à-Callière, Francine Lelièvre, d’une autonomie supérieure à celle des Grecques et des Romaines, entre autres parce qu’elles avaient le pouvoir de léguer leurs biens. Une salle de l’exposition présente les soins de beauté dont ces femmes s’entouraient. Elles se miraient dans des miroirs de bronze, de cuir ou d’argent, se paraient de parfums et de fards, et soignaient leur chevelure. Les femmes devaient prendre exemple sur la déesse Isis, l’épouse, la mère et l’amoureuse parfaite, et devenir mère d’un pharaon était la consécration d’une vie.

Reines d’Égypte

Du 10 avril au 4 novembre à Pointe-à-Callière, cité d’archéologie et d’histoire de Montréal