Les flâneurs

Illustration: Le Devoir

François
Lévesque

Pâques insolite

Du cycle Inquiétants lapins à la Cinémathèque, on attire tout particulièrement l’attention sur le programme double du dimanche 1er avril. Seront alors présentés, à 17 h, Harvey, d’Henry Koster, dans lequel James Stewart a pour ami un lapin géant qu’il est seul à voir, puis, à 19 h, Donnie Darko, dans lequel Jake Gyllenhaal est perturbé par des visions, dont celle d’un inconnu vêtu d’un costume de lapin. Voilà une manière « à propos » et décalée d’explorer la présence au cinéma de l’animal emblématique des célébrations pascales. Cuniculophobes s’abstenir.


Odile
Tremblay

Trente-cinq femmes en colère

« Nous ravalions le grondement », écrit Geneviève Morand dans ce concert de cris féminins libérateurs. Voici que la colère contenue depuis la nuit des temps par tant de femmes jaillit des profondeurs comme un geyser. Le collectif Libérer la colère, publié à Montréal aux Éditions du Remue-ménage sous la direction de Geneviève Morand et Natalie-Ann Roy, ose enfin accueillir ce sentiment honni — si peu féminin, dit-on — de rage accumulée contre la mère, le père, le conjoint, la société, les enfants, les blagues sexistes, les viols, les humiliations subies, en une formidable catharsis ouvrant sur tous les possibles.


Caroline
Montpetit

Le chant magnifique de Nameless

Dans son chant semblent vibrer les chants de générations d’Afro-Américaines qui l’ont précédée, au milieu des plantations comme dans les églises, rassemblées ici dans un soul habilement jazzé par six musiciens. Ceux qui ont manqué le spectacle de Dominique Fils-Aimé mercredi, pourront écouter sans relâche son album Nameless, paru sous l’étiquette Ensoul. Le titre fait référence au dépouillement d’identité qu’ont subi les esclaves déportés de l’Afrique vers l’Amérique. La musique, lancinante, magnifique, fait le reste. Un album à la pochette bleue, le premier d’une trilogie, qui se déclinera ensuite en rouge et en jaune.


Louise-Maude Rioux-Soucy

Ferré, tissé serré

C’est du petit point, entre danse et musique, entre mots et gestes. Monté en 2016 pour célébrer le 100e anniversaire de Léo Ferré, Corps Amour Anarchie n’avait eu que quelques soirs pour semer sa douce folie poétique. Voici que l’équipée reprend pour une quinzaine d’escales au Québec. Pierre-Paul Savoie dirige un esquif de nouveau chargé à bloc, à la voix (Bïa, Faubert, Major, Désilets et Philippe B.) comme au corps (sur des chorégraphies d’Hélène Blackburn, Emmanuel Jouthe, Anne Plamondon, David Rancourt et Pierre-Paul Savoie). Une vraie dentelle, avec quelques fils qui dépassent, sans pour autant déparer les motifs.