Le réalisateur Kim Ki-Duk se défend d’avoir agressé une actrice

Le réalisateur Kim Ki-Duk lors d'une conférence de presse à propos de son nouveau film «Human, Space, Time and Human», samedi, à Berlin
Photo: Markus Schreiber Agence France-Presse Le réalisateur Kim Ki-Duk lors d'une conférence de presse à propos de son nouveau film «Human, Space, Time and Human», samedi, à Berlin

Berlin — Le réalisateur sud-coréen Kim Ki-Duk, accusé par une actrice de l’avoir agressée physiquement et sexuellement, a rejeté samedi ces accusations au festival de Berlin, assurant veiller à ce que personne ne souffre pendant les tournages de ses films, souvent violents.

« Une décision a été rendue dans cette affaire, dont j’ai assumé la responsabilité », a affirmé le réalisateur, venu présenter son nouveau film Human, Space, Time and Human.

« Je ne suis pas entièrement d’accord avec la décision [de justice], mais je crois que ces processus font partie intégrante des changements du système et nous aident à progresser dans l’industrie cinématographique », a-t-il poursuivi lors d’une conférence de presse.

En 2017, une actrice souhaitant garder l’anonymat a accusé le réalisateur de l’avoir giflée et forcée à tourner des scènes de nu et de relations sexuelles non écrites dans le scénario de Moebius (2013). Elle a fini par être remplacée par une autre comédienne.

Le tribunal de Séoul, qui s’était saisi de cette affaire, a abandonné, faute de preuves, les poursuites pour abus sexuels, mais a condamné le cinéaste à une amende d’environ 3800 euros, aux termes d’une procédure qui permet de régler les affaires mineures sans passer par le tribunal.

« Je trouve regrettable que ça se soit transformé en affaire judiciaire […] L’interprétation de cet incident pendant les répétitions diffère selon le point de vue. L’actrice en question et moi avons des points de vue différents », a-t-il affirmé.

« Si j’ai fait quelque chose de mal, je garderai ça en tête à l’avenir pour de prochains tournages », a-t-il affirmé. « Peu importe qu’un film soit exceptionnel, nous devons nous assurer que personne ne se sente insulté sur un tournage, parmi les acteurs comme l’équipe technique. C’est ma vision des choses, aussi je regrette fortement cet incident ».

M. Kim, 57 ans, est l’un des plus grands cinéastes de Corée du Sud. Il a obtenu en 2012 le Lion d’Or du meilleur film au festival de Venise pour Pieta ou encore l’Ours d’argent à Berlin pour Samaria en 2004.