Pas d’augmentation de subventions pour le théâtre Soulpepper décide le CAC

Des actrices s'adressent à la presse le 4 janvier dernier, après avoir déposé des plaintes contre le fondateur et directeur artistique du théâtre, Albert Schultz.
Photo: Christopher Katsarov La Presse canadienne Des actrices s'adressent à la presse le 4 janvier dernier, après avoir déposé des plaintes contre le fondateur et directeur artistique du théâtre, Albert Schultz.

Le Conseil des arts du Canada (CAC) a tranché : le théâtre torontois Soulpepper n’aura pas droit à l’importante augmentation de subvention que l’organisme fédéral avait initialement approuvée. L’incertitude autour de la santé organisationnelle de la compagnie explique la situation.

Dans un courriel transmis vendredi, le CAC indique qu’il a décidé de maintenir la subvention de base de 184 500 $ qui est versée au théâtre. Mais il a aussi annulé l’augmentation de 375 500 $ qui avait été accordée après une évaluation positive d’un comité de pairs du CAC, cet automne. Cela aurait triplé le montant du financement du Conseil des arts. La décision vaut pour l’année en cours, et la prochaine.

Le Soulpepper est dans la tourmente depuis le début 2018. Des plaintes pour agression et harcèlement sexuels ont été déposées par quatre actrices à l’encontre du fondateur et directeur artistique du théâtre, Albert Schultz. Ce dernier a immédiatement été suspendu. L’épouse deM. Schultz, Leslie Lester, a pour sa part démissionné de son poste de directrice générale du théâtre.

Quelques jours après les révélations autour de cette histoire, le Conseil des arts avait indiqué être en train de « réviser [ses] politiques de subvention afin qu’elles prévoient des mécanismes [lui] permettant de traiter de façon juste et plus efficace des situations » liées au harcèlement et aux inconduites sexuels.

Cette nouvelle façon de faire n’est toutefois pas encore en vigueur, a confirmé au Devoir une porte-parole du CAC. « Ces travaux sont en cours, et nous comptons les terminer ce printemps. » Si le CAC a pu réviser le dossier du Soulpepper aussi rapidement, c’est en raison du départ des deux plus importants dirigeants du théâtre — un événement qui changeait le portrait de situation d’ensemble.

« Lorsque les allégations ont été rendues publiques, nous avons immédiatement mis Soulpepper en situation inquiétante », indiquait vendredi le CAC. « Situation inquiétante » fait référence à une cote attribuée « à un organisme dont la santé organisationnelle est instable et met en péril l’investissement du Conseil ».

Le théâtre satisfait

Le CAC dit avoir « procédé à un examen rigoureux de sa situation. L’équipe de direction intérimaire de la compagnie a collaboré à toutes les étapes de nos processus, et nous jugeons encourageant le soutien continu de ses mécènes, partenaires, artistes et employés ». On précise que le théâtre pourra présenter une nouvelle demande à l’automne. Pour le moment, il conserve la cote « situation inquiétante ».

C’est le conseil d’administration du CAC qui révise la décision du comité des pairs dans ce genre de situation.

Vendredi, le théâtre se disait satisfait de la décision dans les circonstances actuelles. « Nous allons continuer à travailler de près avec le CAC, a indiqué le conseil d’administration dans une déclaration écrite. Nous sommes très reconnaissants que le CAC ait décidé de maintenir son financement au même niveau que l’an dernier. »