Le festival Cinéma Paradiso convie le public à voir en primeur neuf films attendus en 2018

Le film «Une famille syrienne», qui dépeint le quotidien d’une famille aisée refusant de fuir son pays déchiré par la guerre.
Photo: MK2 Mile End Le film «Une famille syrienne», qui dépeint le quotidien d’une famille aisée refusant de fuir son pays déchiré par la guerre.

On le répète ad nauseam : le public a déserté les salles de cinéma au profit des plateformes numériques comme Netflix et Hulu, qui permettent de vivre sa cinéphilie sous la couette. Qu’à cela ne tienne, le nouveau festival Cinéma Paradiso fait le pari de convaincre les amateurs du 7e art d’enfiler leurs bottes et leur manteau, question de pouvoir s’enorgueillir d’avoir vu avant tout le monde des films attendus avant leur sortie en salle.

C’est inusité au Québec qu’un distributeur organise son propre festival de cinéma. La branche locale du distributeur français MK2 s’est inspirée du festival éponyme parisien pour créer son édition montréalaise, « une mini mini mini version », explique la directrice de la distribution de MK2 Mile End, Ariane Giroux-Dallaire.

Évidemment, en diffusant en primeur neuf films tirés de son propre catalogue, il y a là pour le distributeur une occasion de promouvoir la sortie en salle de ses titres, prévue au courant de 2018. MK2 Mile End y voit surtout une occasion de combler un vide dans l’offre de cinéma international, quelques mois après la saison des festivals à Montréal.

Discussions

« C’est l’idée d’une rentrée culturelle, soutient Mme Giroux-Dallaire. On voit beaucoup de films américains en janvier, à l’approche des Oscar. On avait envie de présenter autre chose. »

Autre chose, c’est notamment des discussions qui accompagneront la projection de deux titres. Celles-ci sont organisées par le Centre Phi, partenaire et hôte de l’événement.

La première sera animée par le cinéaste Kim Nguyen (Two Lovers and a Bear, Rebelle) après L’atelier, de Laurent Cantet (Entre les murs). Ce film met en scène un groupe d’élèves éprouvant des difficultés d’apprentissage, qui doivent rédiger un roman au cours de l’été dans le cadre d’un atelier d’écriture.

En plus de parler de son processus de scénarisation, le réalisateur québécois offrira un bref atelier de rédaction.

L’autre discussion suivra la projection d’un film « pas facile, mais drôlement important », la coproduction franco-belge Une famille syrienne (Philippe Van Leeuw), qui dépeint le quotidien d’une famille aisée refusant de fuir son pays déchiré par la guerre. Une oeuvre qui, selon Ariane Giroux-Dallaire, « nous permet d’avoir une meilleure compréhension de la situation en Syrie ». Un film qui, ajoute-t-elle, bouscule les préjugés, rappelant au passage que la guerre n’épargne aucune classe sociale.

Les enjeux entourant ce conflit dévastateur, notamment l’intégration des réfugiés syriens au Québec, seront abordés lors d’une conférence de l’organisation We Do Something, dont la mission est de favoriser la rencontre vers l’autre.

Soirées thématiques

Cinéma Paradiso, dont le nom est un clin d’oeil au classique du cinéma italien, se veut « une fête du cinéma ». C’est pourquoi l’événement a rassemblé certains de ses titres par thématiques. Les longs métrages La confession (Nicolas Boukhrief) et L’apparition (Xavier Giannoli) traitent de religion « tout en étant des films très différents », soutient Ariane Giroux-Dallaire. L’un est une romance, l’autre est une enquête journalistique.

Les amateurs d’arts visuels seront servis par le doublé Gauguin (Édouard Deluc) et Rodin (Jacques Doillon), deux longs métrages s’attardant respectivement à une période dans la vie du peintre et du sculpteur.

Le festival, qui en est à sa première édition montréalaise, deviendra-t-il un événement récurrent au calendrier des cinéphiles ? « On aimerait que ça devienne un rendez-vous annuel, ou bisannuel ; en faire une fête du cinéma qui investit un lieu et qui permet au public de recommencer ou de continuer à aller voir des films en salles », répond Ariane Giroux-Dallaire.

Bien entendu, elle prêche pour sa paroisse. Il reste que la baisse de la fréquentation des salles est bien réelle et qu’elle est alarmante pour l’industrie. Avec Cinéma Paradiso, les organisateurs souhaitent rappeler qu’il n’y a rien comme le silence et la noirceur d’une salle de cinéma pour plonger tête première dans la magie du 7e art.

Cinéma Paradiso

Du 29 janvier au 3 février au Centre Phi


 
1 commentaire
  • Céline Delorme - Abonnée 26 janvier 2018 14 h 32

    Très petite salle.

    Ce festival semble très intéressant, mais il faut souligner que chaque fois que j'ai tenté d'assiter à une activité à ce Centre Phi, en plus de nécessiter une bonne marche après le métro, on s'en est retourné avec son petit bonheur, car la salle affichait Complet." Même 20-30 minutes d'avance.
    L'unique salle est très petite, à moins d'un changement récent.