Antiquités volées: perquisition chez un milliardaire new-yorkais

L'investisseur et collectionneur Michael Steinhardt, à New York, en 2010
Photo: Jason Kempin / Getty Images / Agence France-Presse L'investisseur et collectionneur Michael Steinhardt, à New York, en 2010

New York — Des enquêteurs à la recherche d’oeuvres antiques soupçonnées d’avoir été illégalement acquises ont perquisitionné vendredi soir l’appartement et le bureau d’un célèbre milliardaire et philanthrope new-yorkais, selon le bureau du procureur de Manhattan.

Au moins neuf oeuvres, selon le New York Times, auraient été saisies chez le célèbre investisseur et collectionneur Michael Steinhardt.

Cet homme de 77 ans, considéré comme un brillant investisseur qui fit fortune grâce à un fonds spéculatif créé à la fin des années 60, est connu pour son goût des antiquités grecques, au point d’avoir une galerie à son nom au célèbre Metropolitan Museum, à quelques pas de chez lui.

Une porte-parole du procureur n’a pas confirmé ni démenti la saisie des oeuvres, confirmant uniquement que son appartement, face à Central Park sur la 5e Avenue, et son bureau avaient été perquisitionnés en vertu de mandats de perquisition transmis à l’AFP.

Selon ces mandats, validés par un juge new-yorkais le 3 janvier, les enquêteurs recherchaient une dizaine d’objets antiques venus de Grèce et d’Italie, acquis entre 1996 et 2011 pour des sommes allant de 25.000 à 380 000 dollars.

Cette dernière somme aurait été déboursée en 2006 pour une statue de quelque 45 cm de haut, représentant une scène funéraire et datant d’environ 420 avant Jésus-Christ.

La porte-parole n’a rien voulu dire quant à une éventuelle inculpation du milliardaire et philanthrope. Les mandats de perquisition évoquent deux chefs d’inculpation possibles, « possession criminelle de biens volés » du premier ou du second degré.

M. Steinhardt a décliné tout commentaire « pour l’instant », selon le New York Times qui l’a joint par téléphone.

Le procureur de Manhattan, Cyrus Vance, a fait ces dernières années de la recherche et de la restitution des oeuvres antiques l’une de ses priorités.

New York, une des capitales mondiales de l’art, compte beaucoup de riches collectionneurs, galeries et maisons d’enchères.

Le 15 décembre, trois oeuvres antiques avaient ainsi été restituées au Liban, dont une tête de taureau d’origine grecque qui avait été exposée au « Met », évaluée à 1,2 million de dollars.

M. Vance avait alors expliqué que son bureau avait retrouvé plusieurs milliers d’antiquités volées depuis 2012, pour une valeur de plus de 150 millions de dollars.