La programmation du nouveau festival Grand Montréal comédie fest

La programmation du nouveau festival rassemble à peu près tout ce qui compte en humour en français au Québec, de Louis-José Houde (à gauche) à François Bellefeuille (au centre) en passant par Martin Petit (à droite).
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir La programmation du nouveau festival rassemble à peu près tout ce qui compte en humour en français au Québec, de Louis-José Houde (à gauche) à François Bellefeuille (au centre) en passant par Martin Petit (à droite).

L’événement créé par des humoristes québécois pour s’éloigner du festival Juste pour rire et de son fondateur, Gilbert Rozon, vient de dévoiler les premiers éléments de la programmation de sa première édition. La mouture inaugurale aura lieu du 1er au 15 juillet 2018.

Ces dates n’empiètent presque pas sur celles du prochain festival Juste pour rire/Just for Laughs, toujours prévu du 14 au 28 juillet.

« Ça fait presque deux mois qu’on travaille très, très fort à monter un festival qui pourra rassembler tout le monde, des amis humoristes », a expliqué l’humoriste Patrick Groulx en dévoilant cette programmation, mercredi, au théâtre Olympia, dans le Village. M. Groulx est un des membres fondateurs de l’événement alternatif en humour. « C’est la première, et je suis fier de le dire, c’est la première conférence de presse de notre nouvel organisme. »

Une quarantaine d’humoristes participent déjà à cette aventure. La programmation rassemble à peu près tout ce qui compte en humour en français au Québec, de François Bellefeuille à Martin Petit, en passant par Louis-José Houde ou Katherine Levac.

Le nouveau festival, baptisé « Grand Montréal comédie fest », comprendra trois volets distincts.

Grand Montréal offrira le même spectacle le même jour, mais dans deux salles séparées par des dizaines de kilomètres. Les artistes participants seront transportés d’une scène à l’autre par hélicoptère, entre Saint-Eustache et Montréal, le 6 juillet.

Clubs de comédie présentera des spectacles dans six salles du Quartier latin, dont L’Abreuvoir et Le Bordel, du 5 au 15 juillet. La rue Saint-Denis sera alors fermée pour le festival Montréal Complètement cirque. Le nouvel événement humoristique renoue ainsi avec les premiers lieux occupés en ville par le festival Juste pour rire, lui-même maintenant déplacé autour de la Place des Arts.

18 ans et + proposera des galas pour adultes au théâtre Olympia les 5 et 6 juillet à compter de 23 h. Pas de censure au programme de ces soirées, promet-on.

Des partenaires

L’organisme qui chapeaute cette programmation ne s’appelle pas le Festival pour rire de Montréal (son nom de départ), mais bien Grand Montréal comédie festival, qui organise donc le Grand Montréal comédie fest.

Cette initiative est née à l’automne dans la foulée des dénonciations de harcèlements et d’agressions sexuelles visant plusieurs bonzes des industries du divertissement ici comme ailleurs. Gilbert Rozon, p.-d.g. et fondateur du groupe Juste pour rire (JPR) et de son célèbre festival, de nouveau accusé par des femmes, a mis son entreprise en vente. Des dizaines d’humoristes regroupés autour de Martin Petit ont ensuite décidé de fonder un organisme sans but lucratif pour lancer un nouvel événement.

Le notaire Paul Larocque agit à titre de directeur général par intérim depuis quelques semaines. Il explique au Devoir que l’organisme enregistré depuis une dizaine de jours finalise son plan d’affaires (« prêt à 95 % ») et ses démarches pour trouver du financement, des partenaires et un directeur général permanent qui devrait être nommé fin janvier.

L’OSBL va injecter ses surplus, s’il s’en trouve, dans d’autres activités. Pour l’instant, tout le monde travaille bénévolement. Le directeur Larocque explique que Grand Montréal comédie festival souhaite faire plus de place à la relève et augmenter les cachets habituellement versés aux jeunes humoristes.

« Nous n’imposons aucune exclusivité, ajoute-t-il. Il n’y a pas d’empêchement à participer à d’autres festivals pour un humoriste qui participe au nôtre. »

Le festival Juste pour rire a un important volet anglophone, le Just for Laughs. Le nouveau venu souhaite s’ouvrir aux Anglos et a embauché Andy Nullman, ancien dirigeant de Just for Laughs. La réflexion se ferait moins dans le sens d’un volet que d’une « connotation anglophone », afin de ne pas faire rire en même temps dans les deux langues.

7 commentaires
  • Patrick Boulanger - Abonné 20 décembre 2017 13 h 15

    Grand Montréal comédie fest?

    « Grand Montréal comédie fest »

    Que c'est dommage pour ceux qui ont le français à coeur l'anglicisme « fest » dans le nom de ce nouveau festival de l'humour. Pour ma part, ça ne me fait pas rire du tout!

    • David Cormier - Inscrit 21 décembre 2017 12 h 09

      Le mot "fest" n'est pas le seul problème! La structure même tu nom de ce festival emprunte honteusement à l'anglais.

  • Jacques-Olivier Brassard - Abonné 20 décembre 2017 13 h 15

    «Grand Montréal comédie fest»


    Une traduction mot-à-mot de « Greater Montreal Comedy Fest ». Plus colonisé que ça, c’est loin d’être drôle !

    • Réal Bouchard - Abonné 21 décembre 2017 08 h 42

      Think big!

    • Pierre Lalongé - Inscrit 21 décembre 2017 08 h 46

      Entièrement d'accord!

  • Paul Toutant - Abonné 21 décembre 2017 07 h 15

    Bâtard

    Avec un nom aussi bâtard calqué sur l'anglais, ce nouvel événement viole la langue française de façon immonde. Drôle d'attitude de la part d'humoristes qui veulent se distancier d'un soi-disant abuseur.

  • Gaston Deschênes - Abonné 22 décembre 2017 10 h 40

    Inconscience

    Au départ, ça devait donc être "Festival pour rire de Montréal" ...
    Quelqu'un a probablement remarqué que ce serait mal vu d'organiser un festival juste "pour rire de Montréal"...
    On est donc passé à "Grand Montréal comédie fest" (comme dans "Greater Montréal Comedy Fest") et "flatteurs d'applaudir", comme disait La Fontaine, devant ce nom bâtard, écrit en anglais avec des mots majoritairement français, qui ne porte pas à rire de Montréal mais plutôt à la plaindre.
    C’est une manifestation d’inconscience un peu étonnante de la part d’artistes, cette classe généralement connue pour être éveillée aux réalités de la société, mais les membres de la sous-catégorie « humoriste », sauf exception, ont délaissé les thèmes socio-politiques pour se concentrer sur le nombril et les autres parties de leur anatomie, ce qui fait que leur esprit s’atrophie.