Le musée à la bibliothèque

André Lavoie Collaboration spéciale
Tout abonné à une bibliothèque du réseau de la ville de Montréal et de la Grande Bibliothèque du Québec peut emprunter une carte qui lui donnera accès gratuitement au MBAM et au Centre d’histoire de Montréal.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Tout abonné à une bibliothèque du réseau de la ville de Montréal et de la Grande Bibliothèque du Québec peut emprunter une carte qui lui donnera accès gratuitement au MBAM et au Centre d’histoire de Montréal.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Depuis 2012, le réseau des bibliothèques de la Vieille Capitale offre la possibilité à ses abonnés d’« emprunter un musée », leur permettant ainsi de parcourir gratuitement un établissement muséal. Une initiative de plus en plus présente au Québec, à Gatineau notamment, et qui fait enfin le bonheur des usagers des bibliothèques de Montréal.

« Nous avons tenté de trouver un autre nom que “Empruntez un musée”, mais ça représente tellement bien ce service que le réseau Bibliothèque de Québec a gentiment accepté de nous permettre de l’utiliser », souligne Olivier Barrette, chef de division programmes et services aux arrondissements à la Direction des bibliothèques de Montréal.

L’initiative montréalaise lancée le 12 septembre dernier connaît déjà un franc succès, et pour cause : de la même façon qu’il est possible d’avoir accès gratuitement à un livre, à un DVD ou à un instrument de musique, l’abonné de l’une des 49 bibliothèques du réseau de la ville de Montréal et de la Grande Bibliothèque du Québec (GBQ) peut mettre la main sur une précieuse carte qui lui ouvrira les portes, pendant trois semaines, du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) et du Centre d’histoire de Montréal.

Pour Olivier Barrette, ce nouveau service s’inscrit en parfaite continuité avec la mission de diffusion de la culture et du savoir des bibliothèques. Il vient également renforcer le partenariat entre les bibliothèques et plusieurs musées montréalais, dont le MBAM. « Nous avions envie d’une collaboration plus formelle, qui va au-delà de la promotion [des expositions] et des concours », tient-il à préciser.

Cette collaboration a pris la forme de 940 laissez-passer répartis de façon équitable dans le réseau montréalais : 20 par bibliothèque, 10 pour chacun des deux musées, la GBQ en offrant quant à elle 100. Et comme l’a constaté Olivier Barrette, la réponse a été rapide, enthousiaste, sans équivoque : « En date du 6 octobre, 1248 laissez-passer ont été empruntés, et on dénombre 768 réservations. Du côté de la GBQ, les emprunts se chiffrent à 117, et les réservations à 498. »

Un tel engouement du côté des bibliothèques signifie bien sûr une augmentation du nombre de visiteurs pour les musées. Un achalandage pas encore dévoilé par les deux musées puisque l’initiative en est à ses balbutiements et fera l’objet de révisions ponctuelles. Pour le MBAM et le Centre d’histoire, le jeu en vaut la chandelle, selon Olivier Barrette : « Ils voient Empruntez un musée dans une perspective de développement de publics. Le but, c’est de rejoindre des gens qui proviennent de quartiers éloignés, ou défavorisés : en assumant le coût de chaque visite, ce n’est pas une perte pour le musée, c’est un gain potentiel, celui d’un futur visiteur qui paiera son entrée. La même chose se vérifie avec les lecteurs : ceux qui empruntent beaucoup de livres fréquentent aussi beaucoup les librairies. »