Bonne année pour les spectacles en 2016 au Québec

Le total des revenus de billetterie des représentations payantes en arts de la scène a atteint 278 millions de dollars en 2016, du jamais vu depuis 2004.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Le total des revenus de billetterie des représentations payantes en arts de la scène a atteint 278 millions de dollars en 2016, du jamais vu depuis 2004.

La scène québécoise s’est bien portée en 2016, si l’on en croit le plus récent bulletin d’Optique culture, publié par l’Observatoire de la culture et des communications du Québec. Calculés globalement, les revenus de billetterie des scènes québécoises ont bondi de 20 % entre 2015 et 2016. En 2016, ils ont totalisé 278 millions de dollars, dépassant le sommet de 2009, lit-on dans l’étude.

Dans l’ensemble, c’est la chanson francophone, la chanson anglophone, le cirque, la magie ainsi que la comédie musicale qui ont connu les plus grandes hausses de ventes de billets. Une hausse de 73 % de l’assistance globale a été enregistrée pour les spectacles québécois et de 43 % pour les spectacles de chansons. Contrairement aux tendances des dernières années, l’humour a attiré moins de spectateurs en 2016, enregistrant un recul de 20 %.

Le nombre de spectateurs pour les comédies musicales a, de son côté, crû de 78 % en 2016 par rapport à 2015, ceux du cirque et de la magie, de 32 % et celui de la chanson anglophone, de 12 %.

Claude Fortier, le signataire de l’étude, précise en entrevue qu’il ne peut attribuer les différentes statistiques à des spectacles en particulier. On peut cependant supposer que le passage de Céline Dion au Québec en 2016 a fait grimper les ventes des billets dans la catégorie de la chanson francophone. Dans le cas de l’humour, « la seule hypothèse, ce sont les tournées qui commencent et qui s’achèvent », dit-il.

Concentration

Claude Fortier relève que les cinq plus gros spectacles de scène présentés en 2016 ont vendu à eux seuls 720 000 entrées, soit 280 000 de plus qu’en 2015. En 2016, les cinq salles ayant fait le plus d’entrées ont généré 3 % des représentations, 25 % de l’assistance et 44 % des recettes de billetterie. À l’inverse, 29 % des représentations globales ont attiré 100 spectateurs ou moins, pour 4 % de l’assistance et 1 % des recettes totales. La tendance est aux grandes salles, puisque 2016 a enregistré une baisse des représentations, mais une hausse des billets disponibles et des revenus de billetterie. 50 % de l’offre scénique enregistrée était par ailleurs présentée dans la grande région de Montréal.

« On note une concentration autour de Montréal et de Québec », constate Claude Fortier. Dans l’ensemble du Québec, ce sont 9,5 millions de billets qui ont été mis à la disposition du public en 2016, soit un total de 17 325 représentations données dans 547 salles de spectacle ou dans d’autres lieux. Ces données n’incluent pas les spectacles gratuits. Le taux d’occupation des salles, de 74,3 %, baisse à 67 % si on ne tient compte que des spectateurs payants. Ce taux d’occupation des salles est en hausse depuis quatre années consécutives, lit-on. Cependant, il faut relever que, dans l’ensemble, 9,9 % des places sont accordées sous forme de billets de faveur. Ce taux grimpe à 14,3 % pour les spectacles de danse, à 12,8 % pour les spectacles de musique et à 12,1 % pour le théâtre.

Le revenu moyen de billetterie par spectateur payant est de 43,75 $. Le prix des billets des spectacles de chanson est d’en moyenne 55,26 $, celui des spectacles de danse est de 49,50 $, celui des variétés de 42,35 $, de musique, de 39,98 $ et de théâtre, de 29,13 $.

Avec 1,1 million de spectateurs, le théâtre de création a atteint un sommet jamais vu depuis 2004, et c’est le seul genre au sein de la discipline théâtrale à avoir connu une fréquentation à la hausse ces dernières années.