Mostra: «la route est longue» vers la parité au cinéma, affirme Annette Bening

L’actrice s’est dite «ravie» d’avoir été «choisie comme présidente du jury», un honneur accordé uniquement à des hommes au cours des dix dernières Mostra.
Photo: Tiziana Fabi Agence France-Presse L’actrice s’est dite «ravie» d’avoir été «choisie comme présidente du jury», un honneur accordé uniquement à des hommes au cours des dix dernières Mostra.

Venise — L’actrice américaine Annette Bening, présidente du jury de la 74e Mostra de Venise, a estimé mercredi que « la route est longue » pour parvenir à la parité au cinéma, même si les choses semblent aller « dans une direction positive ».

Au total, 20 cinéastes hommes sont en compétition à Venise, contre une seule réalisatrice, la Chinoise Vivian Qu, pour le film franco-chinois Angels wear white.

Une faible représentation féminine commentée par Annette Bening en conférence de presse.

« La route est longue, nous avons beaucoup de chemin à faire en matière de parité dans les domaines de la production, des réalisateurs, scénaristes, acteurs apparaissant dans les festivals. Mais je crois que nous allons dans une direction positive », a-t-elle estimé.

L’actrice s’est dit « ravie » d’avoir été « choisie comme présidente du jury », un honneur accordé uniquement à des hommes au cours des dix dernières Mostra. Il faut remonter à 2006 pour retrouver une femme à cette même place, l’actrice française Catherine Deneuve.

Pas de «quotas»

« Je ne crois pas que ce soit notre faute ! », s’est défendu le directeur artistique du festival, Alberto Barbera, dans les colonnes du journal spécialisé Hollywood Reporter qui titrait mercredi : « C’est toujours un monde d’hommes à Venise. »

« Je n’aime pas penser en termes de quotas quand je fais une sélection », a-t-il expliqué. « Je suis désolé qu’il y ait très peu de films faits par des femmes cette année, mais nous ne produisons pas les films. »

Annette Bening a quant à elle confié ne pas « avoir compté le nombre de films dirigés par des femmes sélectionnés cette année à Venise ».

« Cela n’a pas été mon approche, mais vous imaginez, ils ont visionné 2000 films pour faire leur sélection ! », a-t-elle souligné.

«Beaucoup de sexisme»

« Plus les femmes feront des films qui parlent à tout le monde, plus elles seront considérées comme des réalisatrices », a estimé l’héroïne d’American Beauty.

« Il y a bien sûr beaucoup de sexisme, cela ne fait pas de doute », a-t-elle malgré tout admis.

L’Américaine de 59 ans a remporté deux Golden Globes de meilleure actrice, en 2005 pour Adorable Julia et en 2011 pour Tout va bien ! (The Kids are All Right). Elle a été nommée quatre fois pour un Oscar, dont celui de la meilleure actrice, en 2000, pour American Beauty, de Sam Mendes.