Culture: Laval veut sortir de l’ère Vaillancourt

Le maire de Laval, Marc Demers
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le maire de Laval, Marc Demers

Parmi toutes les données rassemblées au fil des 292 pages du Diagnostic culturel de la région de Laval, un indicateur a frappé la directrice générale du Conseil régional de la culture : nulle part ailleurs au Québec les dépenses publiques en culture ne sont-elles plus basses.

Le document dévoilé en fin de journée vendredi montre que la « région de Laval se classe grande dernière en ce qui concerne les dépenses en culture de l’administration publique par habitant ». En 2012-2013, ces dépenses étaient de 12,95 $ par habitant, comparativement à une somme allant de 18 $ à 27 $ dans les régions périphériques du Québec. La moyenne provinciale, elle, s’établit à 122 $.

La situation peut s’expliquer en partie par la proximité de Montréal (la Montérégie se classe à peine plus haute que Laval dans ce tableau). Mais il y a plus, estime Marianne Coineau. « Pendant 20 ans, l’administration Vaillancourt s’est désengagée sur le plan culturel et n’a pas voulu investir comme elle aurait pu le faire,soutenait mardi en entretien la DG du Conseil régional de la culture de Laval (CRCL). Il y avait un frein à Laval, une espèce de bulle. Et là, le retard est énorme, notamment sur le plan des infrastructures. »

Dans le document, on ajoute que ce contexte a fait en sorte que « le gouvernement [québécois] n’a pas été en mesure d’investir autant qu’il aurait été souhaitable de le faire pour soutenir le développement culturel lavallois et pour travailler en partenariat avec la Ville afin de positionner la culture comme levier de développement régional ».

À titre d’exemple, le CRCL n’existe que depuis décembre 2014… et vient tout juste d’être reconnu et financé par Québec (en juin). « C’était le seul qui n’était pas soutenu par le gouvernement », rappelle Karl Filion, porte-parole du ministre de la Culture, Luc Fortin.

Ce dernier avait indiqué le 9 juin son intention d’« encourager le virage culturel [de Laval] et de rééquilibrer le financement culturel dans les régions comme celle-ci », cela dans la foulée de la publication de la nouvelle politique culturelle du gouvernement. Le cabinet de M. Fortin parle d’« inégalité » et d’« injustice » à corriger. L’actuel maire de Laval, Marc Demers, emploie pour sa part l’expression « renouveau culturel » pour qualifier l’opération en branle au nord de Montréal.

Pour l’instant, les intervenants en sont à dresser l’état des lieux. Marianne Coineau indique qu’un plan d’action concret d’interventions dans le domaine culturel sera déposé au début 2018. Le CRCL et la Ville ont tenu en juin un Sommet de la culture de la région de Laval, où le diagnostic devait être dévoilé — un problème a toutefois repoussé sa publication à vendredi dernier.

« Il nous fallait d’abord avoir ce portrait de situation pour arriver à dégager des enjeux et à établir les grandes orientations qui vont nous guider », dit Mme Coineau. Le plan d’action pourrait notamment déboucher sur une actualisation de la politique culturelle officielle de la Ville, un document qu’elle qualifie de condensé « de grands principes, mais qui reste toujours flou, vague et vertueux », dit-elle.

1 commentaire
  • Gilles Delisle - Abonné 11 juillet 2017 10 h 03

    Une ville bien ancrée dans sa laideur

    Il faudra beaucoup de temps pour que Laval devienne une ville digne de ce nom. Comme on le constate, une ville de cette taille devrait offrir beaucoup plus que quelques salles de spectacle. ( 2) De la même manière, le réseau cycliste est limité à une piste nord-sud à travers les parcs industriels, rendant la traversée de l'Ile Jésus périlleuse, sinon, ce sera à vos risques et périls sur les grands boulevards et autoroutes. La ville de Laval est la ville de l'automobile où les seuls pôles de développement demeurent des parcs industriels, des projets immobiliers et des centres d'achat.