Québec investit dans la protection de son patrimoine religieux

La basilique-cathédrale Marie-Reine-du-Monde pourra compter sur 406 662 $ d’investissement.
Photo: Getty Images La basilique-cathédrale Marie-Reine-du-Monde pourra compter sur 406 662 $ d’investissement.

Soucieux de mieux protéger le patrimoine religieux québécois, le gouvernement Couillard investira 12 millions de dollars dans la prochaine année pour restaurer et mettre en valeur plusieurs églises et oeuvres d’art religieuses à travers la province.

En tout, 64 bâtiments, deux orgues ainsi que cinq oeuvres d’art bénéficieront de cet investissement, indique un document dont le Devoir a obtenu copie.

Le ministre de la Culture et des Communications, Luc Fortin, devrait en faire l’annonce dimanche lors d’une conférence de presse à Montréal.

Joint par Le Devoir, le ministère n’a cependant pas souhaité commenter ces informations.

Des 12 millions de dollars prévus, Montréal obtiendra 2,8 millions pour effectuer divers travaux dans douze de ses bâtiments religieux, mais aussi pour restaurer un orgue et des fresques murales. La plus grosse part du gâteau revient à la cathédrale Christ Church, qui bénéficiera de 500 000 $ pour rénover son clocher. La basilique-cathédrale Marie-Reine-du-Monde pourra quant à elle compter sur un investissement de 406 662 $.

La plus petite somme revient à la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, à qui l’on consacrera 35 000 $ pour rénover les fondations de son mur sud-ouest.

« Les chantiers sont intéressants, il n’y a rien là qui ne soit pas d’importance patrimoniale », commente le directeur des politiques chez Héritage Montréal, Dinu Bumbaru, après avoir consulté la liste des bâtiments qui bénéficieront d’une petite cure de jouvence dans la métropole.

Il se montre surtout agréablement surpris de constater que les bâtiments concernés datent d’époques différentes et sont répartis dans tous les quartiers. « Ça montre que tout a été considéré et que le patrimoine montréalais est bien distribué sur le territoire. »

Encore insuffisant

 

Comparativement aux quatre dernières années, il s’agirait donc d’une enveloppe budgétaire bonifiée de 20 %. Pour l’année 2016-2017, Québec s’était engagé à investir 10 millions de dollars pour la restauration de 55 biens meubles et immeubles à caractère religieux.

Cela permettra notamment de financer jusqu’à 85 % des coûts des projets de restauration concernés, précise le document.

Bien que « considérable », cette somme reste toutefois insuffisante aux yeux de M. Bumbaru. « 12 millions, ça semble important et surtout bienvenu, mais, à l’échelle du Québec, c’est vraiment peu. »

L’augmentation dont parle le document lui semble surtout moins importante qu’il n’y paraît. Il rappelle que d’autres gouvernements ont su se montrer plus généreux envers le patrimoine religieux dans le passé. Au début des années 2000, les enveloppes budgétaires pouvaient atteindre jusqu’à 25 millions de dollars, affirme-t-il.

Il se réjouit par contre de voir que cet argent sera investi au Québec, « pour faire travailler des gens d’ici avec le matériel d’ici, au lieu de se perdre sur le marché international ».

10 millions
Budget consacré par Québec à la restauration de biens meubles et immeubles à caractère religieux pour l’année 2016-2017

Plus qu’une question de chiffres

« Ça nous prendrait une vraie expertise. On ne peut pas juste juger les besoins à travers un tableau comptable, distribuant des investissements ici et là », déplore Dinu Bumbaru.

Il espère en fait qu’une politique culturelle mieux définie pourra voir le jour prochainement. À l’heure actuelle, les gouvernements manquent de vision à long terme. « Pour nos décideurs politiques, c’est plus facile de couper un ruban après avoir rénové une église plutôt que de voir à long terme comment on pourrait prévenir la dégradation de notre patrimoine dans 25 ans », déplore-t-il.

Le comité de travail sur la mise en valeur du patrimoine religieux moderne, créé l’automne passé, devrait, entre autres, se pencher sur la question de l’entretien des bâtiments à la suite de travaux de restauration majeurs, selon lui. « Il faut entretenir sur une base régulière plutôt que laisser les bâtiments se délabrer et après devoir investir considérablement à nouveau. »

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