Anathème numérique de Donald Trump contre Stephen King

Depuis plusieurs mois, le célèbre romancier Stephen King multiplie les commentaires critiques à l’endroit de Donald Trump.
Photo: Mark Lennihan Associated Press Depuis plusieurs mois, le célèbre romancier Stephen King multiplie les commentaires critiques à l’endroit de Donald Trump.

« Donald Trump m’a bloqué, je ne peux plus lire ses tweets. Je devrais peut-être me suicider. »

Sale temps pour la liberté d’expression aux États-Unis où le président Donald Trump vient de bloquer l’accès à son compte Twitter (@realDonaldTrump), et donc à ses nombreux tweets matinaux, au célèbre romancier Stephen King, qui s’en est plaint mardi avec ironie sur le réseau de microclavardage. « Bloqué ! Je suis condamné à un désert existentiel dépourvu de Trump », a poursuivi l’écrivain de 69 ans, spécialiste de l’horreur, qui ne manque jamais une occasion de critiquer l’actuel occupant de la Maison-Blanche, tout comme les incohérences de ses politiques et de ses discours. Un regard critique que n’apprécie guère le président américain, particulièrement dans les univers numériques où il semble bannir systématiquement de son compte Twitter ses nombreux détracteurs.

La chose inquiète d’ailleurs le Knight First Amendment Institute, un groupe de défense de la liberté d’expression aux États-Unis. Début juin, l’organisme a en effet envoyé une lettre à Donald Trump exigeant qu’il redonne l’accès à son compte à toutes les personnes qu’il a exclues à ce jour, et ce, pour ne pas contrevenir au premier amendement de la Constitution américaine. Pour le groupe, le compte Twitter du président doit être vu comme un forum public protégé par cet amendement qui interdit à l’administration publique l’exclusion de personnes sur la seule base des points de vue qu’elles expriment.

 
Commentaires critiques 

Depuis plusieurs mois, Stephen King multiplie les commentaires critiques à l’endroit de Donald Trump. « Quand tu penses que Trump ne peut rien faire de plus con que du trafic d’armes avec les Saoudiens, il décide de se retirer de l’accord de Paris. OMG ! » a-t-il écrit le premier juin dernier. « Que Trump vitupère en permanence les fausses nouvelles n’a pas d’importance. Il est un faux président ! » a-t-il lancé quelques jours plus tôt.

Sous le coup de cet anathème présidentiel, l’auteur aux nombreux succès a reçu de nombreux appuis dans les 24 dernières heures, dont celui de J.K. Rowling, la mère d’Harry Potter, qui lui a proposé de le tenir au courant des communications matinales du magnat de l’immobilier devenu président. « J’y ai toujours accès [aux tweets du président], lui a-t-elle dit sur le réseau Twitter. Je vais te les faire suivre en message privé. »

Suivies par plus de 32 millions de personnes à travers le monde, les communications numériques de Donald Trump, qui font l’objet régulièrement d’une couverture médiatique, ne sont pas très difficiles à trouver, a souligné, de manière caustique, Stephen King. Et il n’a pas tort. Un compte Twitter, indépendant des sautes d’humeurs du président, a même vu le jour en novembre dernier pour conserver une trace permanente de tous ses tweets, y compris ceux qu’il efface après les avoir publiés. L’espace a été baptisé @UnfollowTrump (se désabonner de Trump). Même s’il a été invité par plusieurs internautes à le faire, mercredi matin, Stephen King ne s’y était pas encore abonné.