La victime demande au juge de clore le dossier

Samantha Geimer, qui était âgée de 13 ans au moment de l'agression, a depuis longtemps appuyé les efforts de Roman Polanski pour mettre un terme à cette saga judiciaire. 
Photo: Frederic J. Brown Agence France-Presse Samantha Geimer, qui était âgée de 13 ans au moment de l'agression, a depuis longtemps appuyé les efforts de Roman Polanski pour mettre un terme à cette saga judiciaire. 

La victime de Roman Polanski a demandé à la cour, vendredi, de mettre un terme à la poursuite pour agression sexuelle contre le cinéaste, mais rien n’indique que le juge acceptera de clore cette saga judiciaire qui dure depuis 40 ans.

Samantha Geimer, qui était âgée de 13 ans au moment de l’agression, a déclaré devant le juge Scott Gordon de la Cour supérieure de Los Angeles qu’elle souhaitait mettre cette histoire derrière elle. Mme Geimer a demandé au juge d’effectuer un renvoi direct ou une condamnation sans que le réalisateur ne soit présent.

Les demandes répétées de Roman Polanski allant en ce sens sont toujours restées lettres mortes.

Le juge Gordon n’a pas immédiatement annoncé sa décision, mais a mentionné qu’il ne manquerait pas de prendre en considération le souhait exprimé par la victime.

Avant l’audience, Mme Geimer a fait savoir qu’à ses yeux, Roman Polanski avait suffisamment payé pour son crime.

Mme Geimer s’était dite terrifiée avant d’entrer dans la salle de cour, mais a ajouté qu’elle souhaitait exprimer ses sentiments devant le juge Gordon.

« [Roman Polanski] ne me doit rien. Il ne doit rien à l’État de la Californie, sauf de devoir se présenter ici éventuellement. J’espère qu’il se présentera en ayant la conviction qu’il sera traité équitablement, mais je ne sais pas si cela arrivera un jour », a-t-elle déclaré aux journalistes.

« C’est peut-être ma dernière chance, a-t-elle dit. Je peux enfin me présenter devant un juge et expliquer ce que je ressens, donc je crois que je dois saisir cette occasion. »

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Samantha Geimer, âgée de 54 ans, a depuis longtemps appuyé les efforts de Roman Polanski pour mettre un terme à cette saga judiciaire qui limite la liberté de mouvement du réalisateur oscarisé. L’avocat de la victime, Harland Braun, a toutefois mentionné que c’était la première fois que Mme Geimer se présentait au tribunal à sa demande. « Elle est épuisée par cette affaire », avait-il dit jeudi.

Roman Polanski avait plaidé coupable, en 1977, à un chef d’accusation pour avoir eu une relation sexuelle illégale avec une adolescente de 13 ans durant une séance de photographie à Los Angeles.

Le réalisateur était accusé d’avoir fourni du champagne et une partie d’un sédatif à la jeune fille avant de la violer au domicile de l’acteur Jack Nicholson, qui n’était pas présent à ce moment.

À la suite d’un accord avec le juge, Roman Polanski avait séjourné 42 jours en prison. Il avait ensuite fui le pays, la veille du jour où il devait connaître sa peine, en 1978, craignant que le magistrat l’emprisonne à nouveau plus longtemps.

Les mouvements du cinéaste sont restreints par un mandat d’arrestation d’Interpol en vigueur dans 188 pays. L’homme a évité l’extradition jusqu’ici en voyageant seulement entre la France, la Pologne et la Suisse.

M. Polanski, âgé de 83 ans, a souvent cherché à clore le dossier sans toutefois se présenter lui-même en cour.

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