Un premier G7 de la culture à Florence

Mélanie Joly, ministre du Patrimoine canadien, est en Italie pour assister à la première réunion des pays du G7 sur la culture. Elle rencontrera ses homologues, dont les ministres de la Culture d’Italie, Dario Franceschini (au centre), et de la France, Audrey Azoulay (à droite), pour discuter de la diversité culturelle à l’ère numérique.
Photo: Maurizio Degl’Innocenti ASsociated Press Mélanie Joly, ministre du Patrimoine canadien, est en Italie pour assister à la première réunion des pays du G7 sur la culture. Elle rencontrera ses homologues, dont les ministres de la Culture d’Italie, Dario Franceschini (au centre), et de la France, Audrey Azoulay (à droite), pour discuter de la diversité culturelle à l’ère numérique.

À l’initiative du ministre italien de la Culture, Dario Franceschini, la ville de Florence accueille jeudi et vendredi le premier G7 de la culture. Durant deux jours, les ministres de la Culture de l’Italie, de la France, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, du Canada et du Japon, ainsi qu’un représentant du secrétaire d’État à l’Éducation et à la Culture des États-Unis, discuteront de la protection du patrimoine et de la culture comme instrument de dialogue entre les peuples.

« Le gouvernement italien est extrêmement préoccupé par la question du patrimoine. Le patrimoine culturel de l’humanité n’a jamais été autant menacé qu’à l’heure actuelle par la destruction naturelle, par le tourisme de masse, par le pillage, par le terrorisme, par la cupidité. Cette initiative indique clairement que les pays du G7, et le monde en général, sont dans un état tel qu’il y a maintenant quelques possibilités de convergence réelle, de discussions réelles qui pourraient avoir un impact sur toutes sortes d’enjeux, dont celui de la culture », explique Simon Brault, directeur et chef de la direction du Conseil des arts du Canada, joint à Florence.

Le rôle du Canada

Outre la protection du patrimoine mondial, la diversité culturelle à l’ère du numérique est au coeur des discussions de ce G7 de la culture. Rappelons qu’en décembre dernier, Mélanie Joly, ministre du Patrimoine canadien, s’était rendue à l’UNESCO afin de réclamer un siège sur le comité gérant la Convention sur la diversité culturelle. Après avoir lancé des consultations publiques visant à adapter la politique culturelle canadienne à l’ère numérique l’année dernière, la ministre souhaite élargir le bassin de discussion.

« Là où le Canada prend un rôle de leadership, c’est dans la question de la liberté culturelle sur les plateformes numériques, affirme Mme Joly. Je veux lancer une conversation internationale sur cette question-là. J’ai eu l’occasion d’en parler avec mes homologues et j’ai récolté des réactions de surprise et d’enthousiasme. »

Le modèle canadien

Venue « réaffirmer l’engagement du Canada envers la culture et le patrimoine dans le contexte du multiculturalisme et de l’inclusion », Mélanie Joly reconnaît que le Canada peut être un modèle inspirant pour les autres pays : « Mon homologue allemande me mentionnait à quel point l’Allemagne était intéressée par notre modèle et qu’elle avait eu l’occasion elle-même de venir à plusieurs reprises au Canada afin de comprendre davantage notre modèle. Il y a un intérêt évident de savoir comment on peut s’assurer d’une saine cohésion sociale au sein de nos sociétés, alors qu’il y a une augmentation d’immigrants ; on a eu de bonnes conversations là-dessus. De façon générale, au-delà du modèle qu’on prône, je pense qu’il faut reconnaître l’importance de la diversité. »

Devant la volonté de certains gouvernements de favoriser l’immigration sélective ou de fermer les frontières, le dialogue entre les cultures ne risque-t-il pas d’être freiné ? « Présentement, la culture est vue comme un outil de cohésion sociale. En Europe, c’est ainsi qu’on perçoit le tout et c’est certainement le cas au Québec, au Canada. Je pense que les technologies auront un impact évident sur notre culture, sur notre citoyenneté, sur notre façon de communiquer, sur nos référents culturels. Je crois donc que cet enjeu émergent doit être au coeur de nos priorités. C’est pour cela que je suis très contente que l’Italie ramène l’importance de la culture et je veux m’assurer qu’on lance la conversation internationale sur l’importance de la culture, mais aussi en lien avec des acteurs privés qui sont les grands joueurs de Silicon Valley », dit Mélanie Joly, qui promet de militer pour qu’un G7 de la culture se tienne au Canada en 2018.

« L’art et la culture peuvent certainement témoigner de l’importance de l’inclusion, de l’acceptation de l’autre, mais il est excessivement important que l’on rappelle qu’ils ne sont pas nécessairement des antidotes contre la montée de l’intolérance, des replis identitaires et du rejet de l’autre. Dans le contexte du G7 et sur la scène internationale en général, le Canada est un joueur important, car c’est le pays du G7 qui est le plus ambitieux dans ses politiques culturelles et dans sesréinvestissements en culture. Le Canada fait figure de proue en matière de résistance au populisme et à la montée des crispations identitaires que l’on voit partout dans le monde, y compris chez nos voisins du Sud », conclut Simon Brault.