CIBL prévoit le retour de l’équilibre financier

Le travail n’est pas fini, affirme le directeur Arnaud Larsonneur.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Le travail n’est pas fini, affirme le directeur Arnaud Larsonneur.

Mise à l’épreuve par des problèmes financiers, la station de radio communautaire CIBL terminera son exercice 2016-2017 au point d’équilibre grâce à des mesures comme la réduction de son espace locatif, affirme le directeur général.

Le travail n’est pas encore terminé, mais Arnaud Larsonneur, dans une entrevue accordée jeudi au lendemain de l’assemblée générale, a affirmé qu’une partie des locaux devrait être occupée par autrui afin de diminuer de moitié les dépenses consacrées au loyer.

« Ils coûtent très cher, de l’ordre annuel de 170 000 $. On a trop de place. Alors on avance là-dessus avec la Ville, avec le ministère de la Culture et des Communications. On a trouvé un repreneur pour une partie des locaux, et c’est en train de se finaliser », a-t-il dit.

La station, qui a quitté le boulevard Pie-IX en 2011 pour s’installer dans un espace moderne et lumineux dans le Quartier des spectacles, s’est butée à de graves problèmes financiers en 2015, plombée par une baisse des revenus provenant de ses partenaires du secteur public et communautaire. L’exercice 2015-2016, terminé en août dernier, s’est soldé par un déficit de 100 000 $, selon le directeur.

Une réduction des coûts de personnel a été mise en oeuvre sous le règne de l’ancien directeur, remercié au début 2016. Les derniers temps ont été un peu plus favorables, entre autres à la faveur d’un soutien de 375 000 $ sur trois ans avancé par le groupe Cogeco grâce à ses contributions au développement du contenu canadien.

Auditoire et publicité

La station prévoit maintenant une hausse des revenus publicitaires, « ce qu’on a déjà commencé à constater, ne serait-ce que parce qu’on est maintenant mesurés en termes d’audience », a dit M. Larsonneur, arrivé en poste au mois de mars 2016.

Selon l’enquête de la firme Numéris à l’automne 2016, la part de marché dans le marché francophone était alors de 0,1 %, pour une moyenne de 300 auditeurs et une portée quotidienne totale de près de 17 000 personnes. « Même si ce sont de petits chiffres, c’est un signal qu’on envoie à nos partenaires, a dit M. Larsonneur. Cette mesure, c’est une chose qui a été demandée par nos partenaires. Les gens veulent savoir à qui ils s’adressent, combien de personnes ils touchent, etc. Il y a un souci d’efficacité auquel on se doit de répondre. »

Bouleversements

Dans ce contexte, toutefois, la marque imprégnée par la direction sur la grille de programmation a choqué de nombreux bénévoles de longue date, dont ceux qui ont perdu leur émission lors d’un important remue-ménage au printemps 2016. L’assemblée générale tenue mercredi soir s’est d’ailleurs déroulée dans un climat « tendu », selon des sources qui y ont assisté.

Au moment où l’assemblée avait lieu, une lettre signée par une centaine de « membres et sympathisants » a commencé à circuler. Ceux-ci reprochent à la direction de mal comprendre la mission de la station et affirment que CIBL est un média qui « laisse à d’autres le choix de s’adresser seulement à un auditeur cible, imaginaire, formaté pour les besoins du marché publicitaire et de la guerre des cotes d’écoute ».

Une autre lettre, signée par une dizaine de bénévoles, ne nie pas les bouleversements mais affirme que la réalité financière doit également être prise en compte. « CIBL évolue, parfois imparfaitement, mais nous avons la conviction que ce changement constitue une occasion sérieuse afin de faire émerger un pôle libre, rigoureux et attractif dans le paysage radiophonique montréalais », peut-on y lire.

« C’est dur de faire passer le changement. On l’a vu ces derniers jours, dit M. Larsonneur. Il n’est pas question de trahir l’âme de CIBL. C’est là-dessus qu’il faut construire. Mais ça prend un peu de temps. »