Quand les lutins mettent la main à la pâte

Munis d’une lampe de poche, les visiteurs partent à la recherche des lutins malfaiteurs cachés dans la cuisine du pâtissier.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Munis d’une lampe de poche, les visiteurs partent à la recherche des lutins malfaiteurs cachés dans la cuisine du pâtissier.

Sapin illuminé, chants de Noël, chocolat chaud près de la cheminée : l’esprit des Fêtes s’installe tranquillement dans les foyers québécois. Si cette période de l’année est pour beaucoup un moment rassembleur, rempli de joie et d’une pointe de magie, pour le pâtissier Oziaz, ce n’est que le début d’un travail acharné et une période de stress.

Imaginé par le conteur Simon Gauthier, Oziaz est le personnage principal d’une mini-exposition présentée à la Place des Arts de Montréal : Quand les lutins s’en mêlent. Forts de leur succès de l’année dernière avec À la poursuite du loup Garou, la Place des Arts, ICI Musique et l’atelier d’artistes La Camaraderie ont travaillé une nouvelle fois en collaboration pour donner vie à un conte de Noël.

À travers trois tableaux distincts, les visiteurs découvrent l’histoire de ce pâtissier dévoué qui cuisine sans relâche, jour et nuit, gâteaux et sucreries en tout genre. Les habitants du village se plaignent pourtant de ses desserts qui ont perdu toute saveur et cachent même de mauvaises surprises : des clés dans un feuilleté, une petite chaussette dans un croissant… Oziaz est au bord de la faillite et à deux doigts de sombrer dans la dépression.

Avec l’aide des visiteurs de l’exposition, le pâtissier réalise que de petits lutins espiègles lui ont joué de mauvais tours. Au fil de l’aventure, on découvre comment ces êtres indésirables vont finalement l’aider à retrouver le sourire en mettant la main à la pâte.

Invitant petits et grands à suivre les péripéties du personnage, l’exposition se veut immersive et interactive.

« On raconte l’histoire de façon visuelle mais aussi auditive et on tente de faire participer les gens », explique la coordonnatrice de la programmation culturelle de la Place des Arts, Marika Crête-Reizes.

Dès le début du parcours, les visiteurs doivent en effet partir à la recherche des lutins malfaiteurs cachés dans la cuisine du pâtissier. Munis d’une lampe de poche, ils fouillent de fond en comble pots de farine, boîtes à biscuits, étagères et placards pour les démasquer.

Pour l’exercice, les décors de bois, de papier et de carton se veulent justement réalistes, tout en restant très enfantins. « On a beaucoup travaillé sur les détails, surtout avec les pâtisseries finales, qui n’étaient pas si faciles à confectionner », confie Albane Guy de La Camaraderie.

« Ce n’est pas une simple exposition, on veut vraiment que les gens se mettent à la place d’Oziaz, explique celle qui s’est chargée de la scénographie. C’est pour ça que, visuellement, le personnage n’apparaît pas une seule fois. On veut que les gens vivent ce que le pâtissier traverse au quotidien, qu’ils comprennent son malheur et ressentent les mêmes émotions que lui en avançant dans l’exposition. »

Les musiques qui accompagnent les trois tableaux mêlent des airs classiques avec une touche de modernité. Deux des pièces sont des adaptations travaillées pour le conte par Nicolas Pellerin et son groupe les Grands Hurleurs, tandis que la troisième a été créée spécialement pour l’exposition.

« Les reprises, ça interpelle les visiteurs. Ils vont les reconnaître et se plonger plus rapidement dans cet univers des Fêtes. On veut réveiller leurs souvenirs de Noël, réveiller leurs émotions », explique Louise Laplante, d’ICI Musique.

Où donner de la tête ?

Mais pourquoi commencer un conte de Noël de façon si dramatique ? se demanderont certains.

« C’est un thème qui interpelle tout le monde, croit Albane Guy. Le pâtissier, ce qu’il vit là, c’est une dépression. Il a trop de travail avec les fêtes de fin d’année et il ne sait plus où donner de la tête. C’est aussi ce que vivent certains dans la vraie vie. On sait qu’on va toucher les gens ainsi. »

« Mais ça reste un conte de Noël… qui finit bien », ajoute Marika Crête-Reizes.

En quittant la salle, les visiteurs sont invités à laisser parler leur côté artistique en personnalisant un lutin de papier et en l’affichant sur l’un des murs de l’exposition.


Après l’expo

Replongez dans l’histoire d’Oziaz en écoutant le conte narré par Simon Gauthier. icimusique.ca/articles/17624/conte-lutins-nicolas-pellerin

Les pièces musicales de Nicolas Pellerin et les Grands Hurleurs qui accompagnent les différents tableaux de l’exposition sont disponibles en écoute intégrale sur le site d’Ici Musique pour accompagner le temps des Fêtes. icimusique.ca/articles/17624/conte-lutins-nicolas-pellerin

L’univers d’Oziaz vous a donné une petite envie sucrée ? Voici la recette des fameux biscuits Sourires de chocolat du pâtissier. icimusique.ca/articles/17626/quand-les-lutins-sen-melent-la-recette-de-sourires

L’exposition Quand les lutins s’en mêlent est présentée gratuitement à l’Espace culturel Georges-Émile-Lapalme de la Place des Arts. Tous les jours de 9 h à 23 h, jusqu’au 8 janvier. placedes arts.com/spectacles/19115/quand-les-lutins- s-en-melent.fr.html