Les rois mages et leur légende à la basilique Notre-Dame

Guy Nadon assume la narration du spectacle.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Guy Nadon assume la narration du spectacle.

Dom Minier est bénédictin. Chaque matin à 5 h, à l’abbaye Saint-Benoît-du-Lac où il vit depuis 52 ans, il chante les matines, puis les laudes, avant la messe de 11 h, les vêpres au crépuscule et enfin les complies, vers 20 h. Il y a quelques années, il a eu l’idée de s’associer aux musiciensDaniel Bolduc et Bruno Fortin, pour rendre plus accessibles ces chants qu’il chante et connaît depuis son enfance. Cette année, dom Minier et Daniel Bolduc passent le micro à Bruno Pelletier, Cornéliu Montano et Guy Nadon, et présentent pour le temps des Fêtes Les mages, un spectacle chanté sur le thème des rois mages, à la basilique Notre-Dame.

En fait, l’évangile de saint Matthieu ne parlait pas de rois mages, mais plutôt de sages qui avaient suivi une nouvelle étoile et qui avaient déposé au pied du berceau du Christ naissant trois cadeaux, l’or, la myrrhe et l’encens. L’or, explique dom Minier, reconnaît le Christ comme roi, l’encens célèbre son essence divine, et la myrrhe représente le mystère de la résurrection. « La myrrhe est un parfum dont on enveloppe les morts », dit-il. Le tout prend alors la forme d’une prophétie. « On ne dit pas qu’ils sont trois dans l’Évangile, mais simplement qu’ils ont apporté trois cadeaux », précise-t-il.

Ça n’est qu’au Moyen Âge que la légende transforme les sages en rois et en mages, et qu’on leur attribue des noms : Melchior, Balthazar et Gaspard, et des couleurs distinctives. « Ils représentent alors l’unification des trois églises d’Orient », poursuit Daniel Bolduc. C’est aussi au Moyen Âge qu’apparaît un mystérieux texte en vieux français qui raconte la découverte d’un codex relatant cette célèbre histoire. C’est ce codex qui inspire tout le spectacle Les mages.

Chants grégoriens accessibles

 

Le spectacle raconte l’histoire d’un moine copiste, inspiré du personnage même de Dom Minier, qui se plonge dans la lecture de ce codex, et qui en tire sa propre réflexion.

C’est Guy Nadon qui assume la narration du spectacle, dans un vieux français qu’il maîtrise et comprend, paraît-il, très bien. Dans sa bouche, l’étoile deviendra donc « l’estoile », par exemple. Bruno Pelletier chantera le rôle du moine, accompagné de Cornéliu Montano.

La musique sera assumée par le choeur de 120 voix et l’orchestre de 65 musiciens de l’école Jean-François Perrault.

Daniel Bolduc affirme que ce sera « le chant grégorien le plus accessible que vous aurez jamais entendu ». Le spectacle utilise d’ailleurs des chants grégoriens de Noël existants, adaptés pour l’occasion. « D’ailleurs, c’est ce qu’on fait déjà dans la liturgie, adapter des chants grégoriens », dit dom Minier.

Il y a déjà plusieurs années que Daniel Bolduc et lui peaufinent ensemble ce projet, qui a déjà été présenté devant des publics restreints. Le moine Minier n’en est pas à son premier projet original. Il a déjà tourné un vidéoclip de la naissance de Jésus, à l’aide de la crèche près de laquelle se recueillent les moines de l’abbaye.

À la basilique Notre-Dame dès le 16 décembre

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