Le Grand Costumier ouvre ses portes

La direction du Grand Costumier souhaite pouvoir organiser sous peu des visites guidées des lieux.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir La direction du Grand Costumier souhaite pouvoir organiser sous peu des visites guidées des lieux.

Des milliers et des milliers de costumes se déploient sur les cinq étages de l’ancienne bibliothèque de Montréal, rue Sherbrooke. On y trouve des habits d’époque, de fantaisie, des têtes géantes d’animaux qui ont réjoui les téléspectateurs d’émissions pour enfants, des faux ventres de femmes enceintes, un costume d’Obélix le Gaulois, des déguisements de mascotte, des tenues militaires de la Nouvelle-France, de l’Allemagne nazie, ou du zouave de l’émission Race de monde.

Le Grand Costumier, organisme sans but lucratif qui a hérité de la prodigieuse collection de costumes de Radio-Canada, a ouvert officiellement ses portes mardi. Hormis les 143 costumes qui ont été cédés au Musée de la civilisation, comme ceux des émissions pour enfants Bobino, La ribouldingue ou la Souris verte, la totalité de la collection est désormais préservée dans l’ancien entrepôt de la collection jeunesse de la Bibliothèque de Montréal, à l’angle des rues Montcalm et Sherbrooke.

Cette collection, ce sont 70 000 costumes et 20 000 accessoires, « l’une des plus grandes en Amérique du Nord », dit sa nouvelle directrice, Marie Houde. Le tout, occupant 16 000 pieds carrés, est mis à la disposition des producteurs d’un bout à l’autre du pays. À partir de janvier, ceux-ci pourront également bénéficier des services de confection du Grand Costumier, qui leur permettra de faire les retouches nécessaires sur place.

L’équipe sera composée en tout de la directrice et de trois costumiers qui pourront guider les clients à travers la collection. Aucun membre du personnel n’a par ailleurs déjà travaillé à Radio-Canada dans le passé.

C’est à partir des années 1950 que la société d’État a commencé à monter sa propre collection de costumes, à la fois d’acquisitions et de créations sur mesure. « Durant les belles années, en 1960-1970, il y avait jusqu’à 40 personnes qui travaillaient » pour le costumier de Radio-Canada, poursuit Marie Houde.

Selon Dominique Thériault, qui travaille désormais pour le Grand Costumier, cette collection est très complète. « Elle compte à la fois des vêtements authentiques, des vêtements de confection ou de fantaisie, des créations évoquant le XVe ou le XVIe siècle », dit-elle en déplaçant un costume de samouraï.

Déjà, le Grand Costumier avait ouvert ses portes officieusement au mois de juin dernier, pour répondre à la demande. « Il y a beaucoup de productions qui se réalisent l’été », dit Marie Houde. Des locations ont été conclues d’aussi loin que de Toronto ou d’Halifax.

Marie Houde relève d’ailleurs que le costumier de CBC, à Toronto, a fermé ses portes il y a une dizaine d’années, sans que la collection ait pu être préservée.

À Montréal, l’annonce de la fermeture de l’atelier du costumier de Radio-Canada avait soulevé un tollé de protestations en 2014. Le projet de faire renaître cette collection à travers un OSBL a d’ailleurs été réalisé avec la participation de divers acteurs, de la Ville de Montréal au gouvernement du Québec en passant par le Mouvement Desjardins. C’était une initiative de la CEDEC du Centre-Sud.

Sans en faire un musée, la direction du Grand Costumier souhaite pouvoir organiser sous peu des visites guidées des lieux. Certaines collections, comme les robes confectionnées par Michel Robidas pour Julie Snyder dans l’émission L’enfer, c’est nous autres, pourraient faire l’objet d’expositions itinérantes. Sur certains costumes, on peut encore voir les étiquettes témoignant de leur utilisation dans le passé.

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