Un climat plus propice aux affaires

CINARS calcule que la dernière édition (2014) a entraîné des retombées de 14,3 millions de dollars en revenus de vente de spectacles pour les compagnies québécoises.
Photo: iStock CINARS calcule que la dernière édition (2014) a entraîné des retombées de 14,3 millions de dollars en revenus de vente de spectacles pour les compagnies québécoises.

L’argent promis par Ottawa est encore largement virtuel, mais il aurait déjà ses effets : la 17e édition de la Biennale de la Conférence internationale des arts de la scène (CINARS) se déroule cette année dans un climat nettement plus propice aux affaires, soutient le directeur général, Alain Paré.

« Il y a un effet très positif » aux annonces faites par le gouvernement Trudeau depuis un an, estime M. Paré. « Le réinvestissement du fédéral fait partie de toutes les discussions entre les différents participants à la Biennale. Parce que tout le monde est conscient que le soutien des gouvernements est central à la réalisation de plusieurs projets. »

Il en est des spectacles comme de la mode : ce qui sera porté dans trois ans doit être pensé dès maintenant. La Biennale qui a lieu cette semaine « concerne surtout des projets pour 2018-2019 », indique Alain Paré. « Cela veut dire qu’on a beaucoup de temps devant nous. Alors, même si le financement d’Ottawa n’est pas encore toujours concret [notamment la reprise des programmes PromArt et Routes commerciales], on sait qu’il sera là quand viendra le temps de boucler les budgets. »

Selon M. Paré, « deux ou trois projets sur dix » de contrats discutés à la Biennale pouvaient être réalisés dans les dernières années, sous le règne des conservateurs. « Là, je pense qu’on sera davantage dans un ratio de six ou sept sur dix. »

Dans le premier budget Morneau, le gouvernement libéral s’est engagé à ajouter 550 millions de dollars sur cinq ans au budget du Conseil des arts du Canada et 35 millions sur deux ans pour « présenter les industries culturelles du Canada au monde entier ».

La lettre de mandat de la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, établit aussi comme priorité le rétablissement des « programmes de promotion de la culture PromArt et Routes commerciales », dans une version améliorée. Ottawa doit encore préciser ses intentions à cet égard.

Réseautage

La Biennale se présente comme « une des plus importantes rencontres internationales des arts de la scène », avec quelque 1500 professionnels provenant d’une quarantaine de pays, dont 360 diffuseurs. Près de 170 spectacles d’ici et d’ailleurs auront été présentés d’ici samedi, en plus de différents ateliers et activités de « réseautage ».

« Le face à face demeure très important pour établir des contacts qui mèneront ultimement à des engagements, dit M. Paré. Les nouvelles technologies permettent certainement des contacts, mais la relation directe et personnelle entre un diffuseur et une compagnie artistique est centrale. »

CINARS calcule que la dernière édition (2014) a entraîné des retombées de 14,3 millions de dollars en revenus de vente de spectacles pour les compagnies québécoises. 17 % des exposants ont conclu des ventes et 41 % ont signé des ententes formelles avec des diffuseurs.