Un nouveau projet pour le Cirque du Soleil - Les Beatles au Cirque, oui. À Las Vegas? Peut-être...

Le Cirque du Soleil travaille à faire revivre les Beatles, mais rien n'assure que ce nouveau spectacle musical se retrouvera à Las Vegas, comme le prétendent certains médias américains depuis quelques semaines.

Selon ces sources, le projet figure en bonne place dans les hypothèses de remplacement du Siegfried & Roy Show qui a quitté l'affiche du casino MGM Mirage l'automne dernier après qu'un tigre eut attaqué et défiguré son dompteur. Certains articles publiés au Nevada accordent aussi des chances à la comédie musicale Hairspray pour occuper la salle du Mirage.

Un porte-parole de MGM s'est contenté de déclaré à l'agence Reuters qu'il était «plutôt probable» («fairly likely») que le Cirque du Soleil occupe l'espace vide depuis octobre dernier. Ce à quoi Renée-Claude Ménard, du service des communications du Cirque du Soleil, interviewée la semaine dernière, a répliqué: «Nous n'avons pas eu de contrat encore pour remplir la salle MGM Mirage.»

L'affaire a au moins le mérite de confirmer l'intérêt de l'entreprise montréalaise pour cet espace qui accueillerait le cinquième spectacle du cirque. MGM possède les salles lasvegassiennes où sont présentés Mystère, O, Zumanity et la création dirigée par Robert Lepage qui sera lancée en juin. Le président fondateur du CS, Guy Laliberté, répète qu'il y a de la place à Las Vegas pour «six à huit productions» de sa compagnie.

Le projet Beatles hante l'entreprise depuis quelques années. À l'origine, il a été pensé comme une version scénique de Yellow Submarine, un dessin animé psychédélique mettant en vedette les Fab Four. L'idée a pris de l'ampleur. Guy Laliberté fréquentait George Harrison, qui admirait le travail de son cirque. Il aurait convaincu Paul McCartney et Ringo Starr de donner leur accord à une adaptation étendue au-delà de Yellow Submarine. M. Harrison est décédé en 2002, mais les négociations se seraient poursuivies avec la compagnie des Beatles Apple Corp Inc.

«Il s'agit d'un projet [Beatles] à long terme, comme l'ont toujours été ceux du Cirque», écrit le journaliste Jean Beaunoyer dans son livre Dans les coulisses du Cirque du Soleil, lancé il y a quelques jours par Québec-Amérique. «La machine ne peut se permettre l'improvisation depuis fort longtemps et tous les projets impliquent tellement d'intervenants qu'il faut toujours y mettre des années avant de songer à quelque entreprise que ce soit. Le Cirque du Soleil était dans la mire de Disney depuis 1987, mais il a fallu négocier pendant dix ans, protéger l'autonomie du Cirque, avant de présenter La Nouba en 1998.»

Comme ne l'indique pas cet extrait, la comédie musicale et circassienne a été conçue pour aboutir à Londres, dans une salle permanente, comme le révélait Le Devoir en décembre 2002. Selon les informations obtenues au cours des derniers jours, toute une équipe de créateurs s'active maintenant autour du projet Beatles, dans les quartiers généraux de Montréal. Il a été impossible de savoir qui dirigeait les artistes et les techniciens.

Rien ne prouve que le spectacle va aboutir à Las Vegas. Au contraire, Londres serait toujours privilégié comme point de chute. Les Beatles sont aussi Britanniques que le flegme, le brouillard et Buckingham Palace.

De toute manière, le CS a des solutions de rechange plein ses cartons. Le centre de recherche et de développement de Montréal développe plusieurs devis de spectacles ou de produits dérivés en même temps. Pour l'instant, priorité est donnée à la création d'un nouveau spectacle dirigé par Robert Lepage qui sera dévoilé en juin, dans la salle du MGM Grand. Un employé du CS interviewé il y a quelques semaines en parlait comme «de la plus grande machine scénique jamais conçue». Le spectacle utilisera beaucoup de numéros aériens donnant l'illusion de l'envol des acrobates, un peu comme dans le film d'art martiaux Crouching Tiger, Hidden Dragon.