La vie de Camillien Houde sur les planches de l’Espace libre

Daniel Brière et Geoffrey Gaquère signent la mise en scène de l’œuvre d’Alexis Martin sur Camillien Houde.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Daniel Brière et Geoffrey Gaquère signent la mise en scène de l’œuvre d’Alexis Martin sur Camillien Houde.

Pour plusieurs Montréalais d’aujourd’hui, le nom de Camillien Houde n’évoque rien de plus que la voie rapide qui traverse le mont Royal. Mais le théâtre Espace libre s’apprête à rappeler son histoire à notre mémoire. À l’occasion du 375e anniversaire de Montréal, ce théâtre, situé dans le Centre-Sud de Montréal, présentera gratuitement la pièce Camillien Houde, le p’tit gars de Sainte-Marie, d’Alexis Martin, du 22 août au 2 septembre 2017, soit dans exactement un an.

La pièce racontera donc comment cet homme s’est hissé au-dessus de son milieu populaire pour faire de la politique municipale, provinciale et fédérale. C’est en tant que maire de Montréal qu’il a le plus marqué l’histoire, de 1930 à 1950. Alexis Martin avait d’abord écrit une série d’épisodes télévisés sur Camillien Houde, pour une production qui n’a finalement jamais vu le jour. C’est ce matériel qui a servi d’inspiration à la pièce.

Geste d’ouverture

Ce projet s’inscrit dans la volonté du théâtre Espace libre de s’ouvrir sur la communauté du quartier Centre-Sud. Le projet comptera donc un choeur de citoyens de quelque 30 ou 40 figurants. Pour les sélectionner, le théâtre offre gratuitement des ateliers de théâtre depuis le mois de juin.

Né rue Saint-Hubert, Camillien Houde a gravi un à un les échelons du pouvoir. « Il avait un côté populiste », dit le directeur artistique du théâtre, Geoffrey Gaquère, qui signe aussi la mise en scène de l’oeuvre avec Daniel Brière.

« Il a mené un combat politique pour arriver à s’affirmer comme homme du peuple. À l’époque, c’était l’élite et la grande bourgeoise qui faisaient de la politique », poursuit Geoffrey Gaquère. Pendant la dépression, Camillien Houde distribuait des vêtements et de la nourriture aux indigents sur le site même de l’hôtel de ville.

« C’est vraiment en voyant la misère du peuple qu’il a décidé de se lancer en politique, dit Geoffrey Gaquère. À l’époque, dans certains quartiers de Montréal, les gens vivaient sur la terre battue. Il y avait des problèmes d’épidémie. » Lors de la Seconde Guerre mondiale, il s’est opposé à la conscription.

« Cela lui a valu plusieurs années d’emprisonnement. Il s’est fait arrêter sur les marches de l’hôtel de ville. Et il a été emmené au camp de Petawawa. » Geoffrey Gaquère ajoute par ailleurs qu’il n’a pas l’intention de présenter Camillien Houde comme un saint.

À l’époque, poursuit-il, la politique se faisait presque à coups de corps à corps entre partis rivaux. Et il arrivait que des politiciens en campagne voient leurs fils de micro coupés par leurs adversaires.

Camillien Houde a aussi eu ses protecteurs : un certain frère Marie-Victorin par exemple.

Raconter le quartier

Le rôle de Camillien Houde dans cette pièce sera confié à Pierre Lebeau. Josée Déchênes jouera sa seconde femme, Georgette Falardeau.

La présentation devrait aussi mettre en valeur l’architecture de l’Espace libre, installé dans une ancienne caserne de pompiers. « À travers ça, c’est une façon de raconter le quartier », dit Geoffrey Gaquère, qui ajoute que Camillien Houde a mené plusieurs de ses combats politiques dans le quartier de Sainte-Marie.

Autour de chaque représentation, il y aura une déambulation dans le quartier. Et durant dix soirs, les citoyens pourront participer à un bal populaire au pied du pont Jacques-Cartier, comme il s’en tenait du temps de Camillien Houde. La pièce Camillien Houde, le p’tit gars de Sainte-Marie est une coproduction de l’Espace libre et du Nouveau Théâtre expérimental.