La salle André-Mathieu bénéficie d’une aide financière du fédéral

La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a affirmé vouloir contribuer, par cette aide de plus d’un demi-million de dollars, à enrichir l’offre culturelle lavalloise.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a affirmé vouloir contribuer, par cette aide de plus d’un demi-million de dollars, à enrichir l’offre culturelle lavalloise.

Fermée depuis juin, la salle André-Mathieu, à Laval, est plongée dans un chantier synonyme de « marathon de trois mois », l’objectif étant de rouvrir en septembre. Une petite inconnue troublait cependant le diffuseur enchâssé dans le Collège Montmorency : la rénovation au coût de 3,5 millions suivrait-elle le plan A ou le plan B ? L’appui du gouvernement fédéral à hauteur de 600 000 $, comme annoncé jeudi, a dissipé les doutes.

« La source de tension vient de descendre, on pourra réaliser le projet tel qu’on l’avait imaginé », commentait en conférence de presse Julie Perron, directrice générale de la Corporation de la salle André-Mathieu.

« Le plan B, a-t-elle dit en entrevue, consistait à emprunter au collège et avoir un bail différent. Mais on ne voulait rien sacrifier. » Le projet des gestionnaires était simple : « peaufiner une expérience » pour ramener les gens, non seulement parce qu’ils ont aimé le spectacle, mais parce qu’ils ont aussi aimé la salle.

« Un beau projet »

En présence de six élus fédéraux de la région — tous d’allégeance libérale —, la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a affirmé vouloir contribuer, par cette aide de plus d’un demi-million de dollars, à enrichir l’offre culturelle lavalloise.

« C’est important d’investir dans les infrastructures, et on avait ici un beau projet. La salle André-Mathieu est connue, appréciée des artistes et du public, a-t-elle précisé par la suite au Devoir. Il fallait l’aider à améliorer son expérience. Il fallait aussi appuyer la volonté de la Ville de Laval d’investir en infrastructures culturelles, de faire en sorte qu’il y ait un pôle intéressant pour l’offre artistique. »

Acteur culturel majeur sur l’île Jésus et quartier général de l’Orchestre symphonique de Laval, la salle André-Mathieu a été inaugurée en 1979. Elle devait faire peau neuve pour garder son attrait et rester au niveau notamment de l’environnement numérique. Sa capacité, de 830 places, ne changera pas, mais les sièges, qui étaient pratiquement les mêmes depuis 37 ans, si.

La somme de Patrimoine canadien servira, selon Julie Perron, à « bonifier l’acoustique de la salle, [à] investir dans des équipements mieux adaptés à des devis techniques de plus en plus complexes ». « On pourra accueillir n’importe quelle création », dit-elle. La remise à neuf touche autant le mécanisme du changement des décors que le hall d’entrée, qui prendra des airs de petit bar.

Menacé ?

À un jet de pierre du cégep, faut-il le rappeler, se dresse l’imposante Place Bell, dont l’ouverture est attendue cet automne. Certes, les 10 000 places de ce nouvel amphithéâtre de 200 millions le situent dans une autre sphère. Il bousculera néanmoins les habitudes. En juillet, L’Écho de Laval parlait même d’une « forte menace » pour la salle André-Mathieu. Les intervenants interrogés jeudi préfèrent parler de complémentarité et de collaboration.

L’aide annoncée du gouvernement fédéral équivaut à 17 % du montage financier du renouveau de la salle du cégep. Québec, par la voie du ministère de la Culture et des Communications, est le principal subventionnaire avec près de 1,6 million. La Ville de Laval a donné 400 000 $, une contribution à peine moins élevée que celle du Collège Montmorency (420 000 $). Tourisme Laval et la Corporation de la salle André-Mathieu complètent le portrait des investisseurs.

La réouverture est prévue en septembre avec, parmi les premiers spectacles à l’affiche, celui de la grande Dee Dee Bridgewater.