Le manga dans tous ses états

L’engouement pour la culture manga croît d’année en année, affirment les organisateurs.
Photo: Otakuthon L’engouement pour la culture manga croît d’année en année, affirment les organisateurs.

Du 5 au 7 août se tiendra au Palais des congrès de Montréal la 11e édition du festival Otakuthon, qui célèbre la culture manga. De quoi s’agit-il ? D’un style graphique très reconnaissable inventé au Japon vers la fin du XIXe siècle et ayant depuis engendré une industrie multimilliardaire dont les ramifications s’étendent principalement à l’animation, au jeu vidéo, et surtout à la bande dessinée, les comics en étant issus s’appelant simplement mangas. Au coeur des festivités : les otakus, des amateurs — à divers degrés de ferveur — de la culture manga. Cette année, un volet entier de l’événement sera consacré au phénomène Pokémon.

Popularisés il y a 20 ans par le jeu Nintendo du même nom, les Pokémons, ou « monstres de poche », connaissent cette année une véritable renaissance.

« Le succès sans précédent du nouveau jeu Pokémon GO rendait la chose incontournable, quoique nous ayons déjà eu des marathons Pokémons par le passé. Cette année, nous proposons plusieurs activités thématiques en collaboration avec Nintendo : des tables rondes de discussions avec des professionnels, des stations de jeux vidéo, un concours de costumes Pokémons… Il y en aura pour tous les goûts », promet Virginie Karagirwa, directrice adjointe des médias de l’Otakuthon.

Deux autres concours de costumes solliciteront l’inventivité des participants : la Mascarade, pour laquelle on conçoit et présente un costume correspondant à n’importe quel personnage « animé » (animation japonaise), ainsi que les Préliminaires canadiens du World Cosplay Summit, lequel promeut la culture de la jeunesse japonaise et dont les finalistes représenteront le Canada lors de la finale au Japon.

Intérêt croissant

Photo: Otakuthon Les ramifications de la culture manga s’étendent notamment au jeu vidéo.

Lors de l’édition précédente, ils furent 20 200 à assister à l’Otakuthon. En 2006, la première édition avait attiré environ 2000 visiteurs.

« L’intérêt pour la culture manga croît de manière constante au Québec, oui. Nous avons bon espoir de poursuivre sur cette lancée cette année. En réalité, bien des gens connaissent déjà sans le savoir ne serait-ce qu’un pan de la culture manga », note Virginie Karagirwa.

Par exemple, des séries-cultes pour enfants comme Candy, Goldorak ou encore Albator relèvent de cette esthétique-là.

D’ailleurs, plus que jamais, le festival se veut aussi familial, avec des activités et des espaces spécifiquement destinés aux tout-petits.

Invités prestigieux

Photo: Otakuthon Les préliminaires canadiens du concours de costumes World Cosplay Summit solliciteront l’inventivité des participants.

Plusieurs dizaines d’invités sont attendus à l’Otakuthon 2016. Parmi ceux-ci, deux noms, en particulier, ressortent : Arina Tanemura et Takeshi Obata, deux illustres mangakas, ou artistes manga. La première s’est entre autres distinguée avec la romance mâtinée de fantastique I.O.N., tandis que le second a connu la gloire grâce à la série horrifique Death Note, déclinée en bédé puis en séries animée et cinématographique (un remake américain est en chantier).

« Il s’agit de pointures, et nous sommes vraiment honorés qu’ils aient accepté de venir », se réjouit Virginie Karagirwa.

À ce propos, eu égard au calibre des invités réunis, cette 11e édition constitue à ce jour la plus ambitieuse.

Photo: Otakuthon La bande dessinée est l'un des principaux canaux de diffusion de la culture manga, une industrie désormais multimilliardaire.