La petite chapelle des Indiens de Tadoussac a besoin de soins

La chapelle de Tadoussac, construite entre 1747 et 1750, est la plus vieille église en bois d’Amérique du Nord.
Photo: CC / WikiCommons La chapelle de Tadoussac, construite entre 1747 et 1750, est la plus vieille église en bois d’Amérique du Nord.

Cet été, les touristes ne pourront pas visiter la petite « chapelle des Indiens » de Tadoussac. La découverte de faiblesses dans les fondations du bâtiment du XVIIIe siècle a forcé la fermeture de ce lieu patrimonial pour une durée indéterminée.

Fermé au public depuis près de deux mois, le bâtiment est actuellement ceinturé d’échafaudages. Des travaux avaient été entrepris pour le rénover, mais tout a été interrompu quand on a découvert notamment de la pourriture dans les fondations de bois.

« On a découvert que la pourriture était beaucoup plus importante que prévu », explique le président du Conseil de Fabrique, Pierre Marquis, qui est propriétaire des lieux. « Là, on est bloqués. » À l’origine, les travaux devaient coûter autour de 300 000 $ et ils étaient financés par le ministère de la Culture. La facture devra nécessairement augmenter, mais on ignore de combien.

Au ministère, on dit avoir le dossier bien en main, mais on n’est pas en mesure de dire quand reprendront les travaux et combien ils coûteront. « Le coût final sera différent de ce qui était prévu initialement », a reconnu la porte-parole du ministère Anne-Sophie Lacroix. Elle ajoute que « l’analyse des coûts » est en cours et que « cette analyse est effectuée avec rigueur et ne laisse place à aucune dépense non requise ».

Chose certaine, M. Marquis a hâte que les travaux reprennent. « Ça ne peut pas durer ad vitam aeternam », a commenté M. Marquis. « L’automne va arriver assez vite. »

Un lieu clé de la carte postale

Érigée entre 1747 et 1750, la petite chapelle des Indiens est un monument patrimonial majeur à Tadoussac. Témoin de l’évangélisation des autochtones par les Jésuites, c’est l’un des lieux de culte en bois les plus anciens du continent.

Avec ses lambris de bois blancs et son petit toit rouge, la vieille chapelle est aussi un élément clé du paysage de Tadoussac et est située sur l’un des plus beaux points de vue de la ville vers le fleuve.

Le site est protégé par le gouvernement du Québec depuis les années 1960. En plus du bâtiment lui-même, l’aire qui l’entoure est considérée comme un site archéologique, en raison de la présence d’un cimetière très ancien notamment.

Plus tôt cet été, la Fabrique a écrit au ministère pour lui demander de débloquer le dossier. La MRC, la municipalité et la communauté autochtone d’Essipit l’appuyaient dans sa démarche. Une rencontre téléphonique a eu lieu le 20 juin avec tous les intervenants et, au dire du ministère, tous se sont entendus.

« Cette rencontre a permis de préciser les rôles de chacun et de se donner un échéancier commun pour la suite. Tous les intervenants étaient satisfaits de cette rencontre », a souligné la porte-parole du ministère.

Bien faire les choses

Du côté de la MRC, la chargée de projet qui s’occupe du dossier, Audrey Fontaine, plaide que « c’est normal » que ça prenne du temps étant donné le grand nombre d’intervenants dans le dossier. « Pour cet été, c’est certain qu’on ne pourra pas l’ouvrir. » Elle ajoute qu’on veut prendre le temps de bien faire les choses pour que la structure soit solide pour longtemps une fois les travaux finis. Elle espère que le chantier pourra reprendre à l’automne.

La découverte de défaillances dans les fondations a été une « surprise majeure », raconte-t-elle. « On ne pouvait pas savoir que c’était dans cet état-là avant d’entreprendre les travaux. »

De son côté, le ministère insiste sur le fait qu’il n’y a pas de « dépassements de coûts » dans ce dossier parce que le nouveau projet de rénovation est complètement différent de ce qui était prévu à l’origine.