Percer la bulle intime de circassiens

Il est attachant, ce duo mi-comique mi-tragique, qui se dévoile au gré des mains à mains et des équilibres.
Photo: Mario del Curto Il est attachant, ce duo mi-comique mi-tragique, qui se dévoile au gré des mains à mains et des équilibres.

Le premier spectacle est une histoire de couple, le second, une histoire de « chums » soudés par la tournée. Dans les deux cas, le public est convié à percer la bulle intime de circassiens qui roulent leur bosse aux quatre coins de la planète, pour le meilleur ou pour le pire.

Vie de couple

Difficile de ne pas tomber sous le charme du cirque Aïtal, cirque de poche incarné par Victor et Kavi, couple dans la vie comme sur scène, qui déboule sur la piste miniature de leur microchapiteau au volant d’une petite Simca pétaradante.

La mignonne bagnole, tantôt en panne tantôt pétaradante, devient la métaphore et le huis clos de leurs chicanes, leurs dérapages amoureux et même de leurs coïts interrompus — ou non !

Il est attachant, ce duo mi-comique mi-tragique qui se dévoile au gré des mains à mains, des équilibres menés notamment au bout d’un mat fignolé avec un pot d’échappement. Elle, fragile lilliputienne. Lui, roc hirsute et mal dégrossi, qui cache un coeur tendre derrière ses airs rustres.

Malgré tout, la puce et sa rude moitié nous plongent peu à peu dans leur bulle intime. Elle devient papillon, plume virevoltant sans effort au bout des bras de son colosse de chum, tous deux soudés dans des corps-à-corps aux allures de tango. Quand le rideau tombe, le voile, lui, est levé sur la complicité et la tendresse de ce drôle de tandem dont la vie se conjugue, sur scène comme en coulisses, toujours à la première personne du pluriel. Un peu de nous, pour le meilleur et pour le pire…

Les copains, prise 2

Photo: Norby Whitney «Transit», de Flip Fabrique, raconte les aventures et secrets de tournée des six comparses.

La troupe de Québec Flip Fabrique, elle, revient en piste à Montréal, après trois ans d’absence, pour un autre rendez-vous amical. Son premier spectacle, Attrape-moi, captait les retrouvailles de six amis, dix ans après leur sortie de l’école de cirque. Transit raconte avec le même esprit de clan les aventures et secrets de tournée des six comparses.

Après trois ans de route, la joyeuse bande, cinq gars et une fille, n’a pas changé et a conservé le même ADN. Énergiques, sympathiques, un brin juvéniles par moments, ces grands enfants qui ne veulent pas vieillir s’émeuvent de ce qui pourrait être leur dernier spectacle. Égoportraits et acrobaties, décibels à profusion, beatboxing, quilles lumineuses, balles rebondissantes, Transit, avec sa fibre adolescente et quelques gags un peu faciles, nous donne l’impression d’être plongés dans un party entre « chums ».

Même s’ils ne réinventent pas la roue ni leurs disciplines, les circassiens de Flip Fabrique excellent dans leurs numéros de diabolo géant et de trampomur, où cinq gars se laissent choir sur un trampoline, du haut d’un mur fait de malles de voyages.

La bande fait aussi sourire quand elle verse à souhait dans l’autodérision, en donnant vie sur scène aux fantasmes scéniques des circassiens. Ce qui donne lieu à quelques scènes épiques, dont celle d’un numéro de sangles aériennes exécuté dans un costume de « gros ».

L’atmosphère électrisante et les décibels de Transit raviront les adolescents et un large public, dans ce qui s’annonce comme le rendez-vous familial, festif et amical de cette septième édition de Montréal complètement cirque.

 

Consultez tous nos textes sur le festival Montréal complètement cirque

Pour le meilleur et pour le pire

À la Tohu jusqu’au 17 juillet

Transit

Flip Fabrique (Québec)

Pour le meilleur et pour le pire

À la Tohu jusqu’au 17 juillet