Le Centre Vidéotron ne fait d’ombre à personne

En 2015, 315 000 personnes ont franchi les portes du Centre Vidéotron.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne En 2015, 315 000 personnes ont franchi les portes du Centre Vidéotron.

Jusqu’à aujourd’hui, la présence du Centre Vidéotron n’a pas nui aux autres salles de spectacle de Québec, selon le président du Conseil de la culture, Marc Gourdeau, qui se dit même très « optimiste » quant à l’avenir.

« L’effet pressenti que certains craignaient ne semble pas avoir d’effet dévastateur sur la fréquentation ailleurs », a-t-il déclaré mardi au Devoir. « Tous les théâtres nous disent avoir une bonne année », a-t-il ajouté.

En mai dernier, le Centre Vidéotron a passé le cap du million de visiteurs. En 2015 seulement, 315 000 personnes avaient franchi ses portes, ce qui ne l’a pas empêché de faire un déficit, comme l’a révélé l’opposition à la Ville de Québec lundi.

Mardi, le maire de Québec, Régis Labeaume, a reconnu que son équipe avait « surestimé » les ventes de billets et a reproché aux médias d’avoir donné trop d’importance aux nouvelles concernant le déficit.

Photo: Francis Vachon Le Devoir Le maire de Québec, Régis Labeaume, lors de l’inauguration du Centre Vidéotron, en septembre 2015

Interrogé sur l’impact du déficit sur l’écosystème culturel de la capitale, M. Gourdeau ne s’est pas montré davantage inquiet. Il ne croit pas, par exemple, que Québecor en profitera pour ajouter des spectacles à petites jauges au programme pour rentabiliser ses activités.

Mise en garde

Depuis le début, c’est cette éventualité qui préoccupe le plus les autres salles de spectacle à Québec. Les gestionnaires de la salle Albert-Rousseau, du Capitole et d’autres en ont d’ailleurs parlé aux responsables de Québecor il y a un an et demi, rappelle le directeur d’Albert-Rousseau, Claude Désormeaux. Or il a été rassuré. « Ça ne nous inquiète plus outre mesure parce que le simple fait d’ouvrir les portes de l’amphithéâtre, ça coûte tellement cher qu’un spectacle d’une jauge de 2000, 3000, à la limite 4000, on ne voit pas comment ça serait viable d’un point de vue administratif. S’ils décidaient d’être plus agressifs et d’attaquer ce marché-là, ce serait à grand déficit. »

Le Centre Vidéotron, rappelons-le, compte 18 500 places. Maintenant, les craintes de M. Désormeaux sont ailleurs. « Ce qu’on craint le plus, c’est la venue d’une équipe de hockey. Ça irait chercher exactement le profil de notre clientèle, la clientèle des spectacles d’humour, qui est peut-être plus proche du hockey que le Grand Théâtre et le Palais Montcalm. Mais il semblerait que, pour l’instant, on n’ait pas trop à s’inquiéter. »

À cet égard, la Ligue nationale de hockey devrait confirmer mercredi que Las Vegas accueillera la prochaine équipe d’expansion.

Impact plus tard

Le directeur de la salle n’est toutefois pas en mesure de voir si le Centre Vidéotron sans équipe affecte ses ventes, parce qu’il est trop tôt pour le faire. « Étant donné que les spectacles se confirment bon an, mal an environ 18 mois d’avance, nos spectacles étaient déjà vendus quand le Centre a ouvert. L’impact, s’il y en a un, on pourra plus le jauger à partir de l’automne prochain, voire à partir de l’hiver 2017. »

M. Gourdeau fonde par ailleurs beaucoup d’espoir sur la plateforme Québec Spectacles.com, qui vise à partager les clients du Centre Vidéotron avec les autres organismes culturels de la capitale.

Lancée en 2015, cette plateforme bénéficie de subventions de 1 million sur trois ans de la Ville et de l’Office du tourisme. Depuis son lancement à l’automne, le site n’a pas eu un gros achalandage (seulement 45 000 visiteurs entre octobre et avril). Or, selon M. Gourdeau, on remarque déjà qu’une proportion importante des visiteurs de QuébecSpectacles est passée avant par le site Web du Centre Vidéotron.

« On est quand même contents de ce qui a été fait », dit-il. Il ajoute que QuébecSpectacles n’a pas encore été utilisée à sa pleine mesure en raison de problèmes techniques qui ont prolongé la période de rodage. « On entame vraiment une étape de développement avec des offres exclusives à QuébecSpectacles.com, davantage de partenariats. »

M. Gourdeau — qui dirige aussi la petite salle de théâtre Premier Acte — souligne en outre que le groupe Québecor a été très généreux avec les organismes culturels de la capitale par l’entremise de QuébecSpectacles en offrant des tarifs de publicité au rabais sur ses plateformes médias, comme Le Journal de Québec et TVA.