Robin Williams s'éclate à la Berlinale

Berlin - Robin Williams, le croque-mort techno de The Final Cut, a fait crouler de rire la Berlinale en présentant, mercredi soir, le thriller futuriste du jeune Omar Naïm, en compétition pour l'Ours d'or.

«Je fais le pitre sans arrêt mais je peux m'arrêter d'une minute à l'autre», a dit l'acteur en se livrant, lors d'une conférence de presse, à un numéro étourdissant d'imitations, de bruitages et de piques, allant du sein, désormais célèbre, de Janet Jackson au «Pakistan qui vend des usines d'armes nucléaires clés en main».

«C'est difficile de faire ça à la maison car ma femme est mon public le plus sévère, surtout quand je suis nu», a dit Robin William. À côté de Mira Sorvino, sa partenaire dans The Final Cut (Le Montage final), qui pouffait de rire, il a ajouté: «Je suis poilu et je ne fonctionne pas au Botox, mais je fais du vélo».

Dans le monde futuriste imaginé par Omar Naïm, les riches se font implanter une puce qui enregistre, comme un disque dur, toute leur vie. À leur mort, un «cutter», expert en montage, comme Alan Hackman (Robin William), sélectionne les meilleurs moments pour en faire un film de «remémoration», présenté lors de l'enterrement.

«Il peut transformer la vie en quelque chose de merveilleux. Le cerveau lui-même sécrète ses propres mécanismes d'autodéfense pour qu'on oublie les mauvais souvenirs», a dit l'acteur de Good Morning Vietnam, Le Cercle des poètes disparus et Mrs Doubtfire.

«C'est un film sur la technologie mais avant tout sur l'humanité. Alan voit des choses horribles. Il est un peu croque-mort et prêtre. Et comme Dieu, il peut effacer les péchés. Cette technologie est imminente, dit l'acteur. Il y a maintenant des petites caméras partout».

Quels moments de votre vie souhaiteriez-vous effacer?, lui a-t-on demandé. «Je voudrais qu'on m'enlève les années d'alcoolisme. C'est tout», a dit Robin Williams. Évoquant sa carrière, l'acteur, âgé de 51 ans, a déclaré: «La pression a disparu. J'ai fait beaucoup de films pour payer mes factures. Maintenant, je n'y suis plus obligé. J'ai envie de choses différentes».

En tout cas, il refuse absolument de «se vendre pour un "happy meal"». «Je n'aime pas vendre des produits comme des hamburgers avec un film. Je m'en dissocie».

Robin Williams a précisé qu'il avait été séduit par la force du scénario et par un «documentaire plein d'humanité réalisé par Omar Naïm sur un théâtre de Beyrouth».

Le jeune cinéaste américain, né à Amman il y a 26 ans (il a grandi en Jordanie, au Liban et à Chypre), a d'ailleurs eu l'idée en montant ses documentaires: «J'ai vu comment on peut transformer la réalité au montage, en manipulant les images. Je n'ai pas une bonne mémoire, mes souvenirs s'estompent. Mais aujourd'hui, avec la technologie digitale, on peut enregistrer tout cela.»